Jette, solidaire jusque dans l’assiette

Florine LorquetL'extérieur du CABA Jette

Deux demi-journées par semaine, le CABA Jette propose aux plus démunis de la commune des aliments de qualités à moindre coût. Une « épicerie solidaire », qui fournit des vivres jusqu’à 50% moins cher qu’en magasin à ceux qui n’ont pas les moyens de s’en procurer autrement. Le projet initié par le CPAS de Jette est ambitieux et semble répondre à un véritable besoin d’une tranche de population plus défavorisée. Il vient rejoindre d’autres initiatives, comme les colis alimentaires et autres restaurants sociaux, qui allaient déjà dans ce sens.

 

Pour le moment, seules 100 personnes ont été sélectionnées pour bénéficier de cette aide non négligeable. Des personnes qui, déjà, font appel au CPAS. « L’objectif est d’élargir petit à petit le panel de bénéficiaires, si les dons le permettent » explique Sébastien Defrance, attaché de presse du projet. Car si l’épicerie peut offrir de la nourriture à un prix dérisoire, c’est avant tout et surtout grâce à des dons. Des dons financiers des pouvoirs publics – de la commune, de la région, de la COCOM (Commision Communautaire Commune) et du CPAS. « Mais pas seulement ! On peut aussi compter sur des partenariats avec d’autres commerces (boulangeries, récupération des invendus des grandes surfaces…) et des dons de particuliers, qui sont souvent des dons en argent. »

 

Une épicerie, mais pas que…

Le concept n’est pas neuf à Bruxelles, mais le commerce jettois entend y ajouter sa propre touche. Parce que le danger de ce type d’initiative, c’est de marginaliser ses usagers et de les enfermer dans une case. Pour empêcher cela, outre l’aide matérielle, « CABA Jette » veut faire de son épicerie un véritable lieu d’échange et de cohésion sociale.

 

Pour atteindre cet objectif, le CPAS a déployé les grands moyens. « Nous avons l’intention d’organiser des évènements ouverts à tout le monde, comme des ateliers pratiques, des soirées, des conférences, le tout autour du thème de l’alimentation » précise Sébastien Defrance. « Une séance d’information sur les différents enjeux et objectifs de l’épicerie sera aussi organisée dans le courant de la semaine prochaine, pour bien expliquer quels sont les objectifs du lieu et insister sur la place de tous dans cet endroit. Enfin, un espace cafétéria est également mis à la disposition des Jettois, quel que soit leur milieu social, pour créer du lien entre toutes les couches de la société. »

Les retours sont d’ores et déjà positifs alors que les premiers clients n’ont poussé la porte que mardi. Un succès que le CPAS doit certainement au concept, qui correspond particulièrement bien à l’état d’esprit si solidaire des Jettois et répond surtout à une envie des habitants.

Des « clients » investis
« La ruche qui dit oui » est un site internet qui garantit à ses membres un circuit-court, et propose un lien direct entre producteurs et consommateurs. Depuis peu, elle fait partie des donateurs de Caba Jette. Elle propose en effet à ses membres de commander plus de produits, périssables ou non, pour ensuite les collecter et les offrir à l’épicerie sociale.
Le choix revient donc aux « clients » de la ruche. Ces dons permettent à l’épicerie d’obtenir des produits frais et locaux. En effet, les producteurs proposés pas la ruche sont essentiellement belges ; que ce soit les fromages de Rebecq du Brabant Wallon ou les fruits de Londerzeel dans le Brabant Flamand.