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Gare du Midi, Bruxelles
02
Mar
2017

Il n'y aurait que 400 sans-abris à Bruxelles. Décryptage d'un chiffre interpellant.

Gare du Midi, Bruxelles

Il n'y aurait que 400 sans-abris à Bruxelles. Décryptage d'un chiffre interpellant.

02 Mar
2017

400 sans-abris à Bruxelles ? Plutôt 2.700

Dans le journal de 8h de La Première ce jeudi 2 mars, le journaliste Nicolas Lejman a indiqué que 400 personnes vivent dans les rues de Bruxelles. Cette information serait à nuancer, selon Koen Van den Broeck, responsable de la communication de l’ASBL Infirmiers de rue. Le nombre de 400 personnes correspondrait en fait aux personnes ne fréquentant jamais les centres ou organisations. Le nombre de sans-abris réel est donc sensiblement plus élevé. Selon les données de l’ASBL DoucheFLUX, Bruxelles compterait pas moins de 2.700 personnes sans domicile fixe.

Koen Van den Broeck précise également que le nombre de sans-abris bruxellois a doublé depuis deux ans. Une des raisons de cette augmentation est le démantèlement de la jungle de Calais, survenu en février 2016. Le nombre de migrants s’étant déplacé jusque Bruxelles, toujours dans le même but de rejoindre le Royaume-Uni, gonfle donc celui des sans-abri de nos rues. Beaucoup de ces personnes se sont dès lors installées dans les couloirs de la Gare du Midi et y guettent toute opportunité qui les rapprocherait de l’Angleterre.

Pour la plupart d’entre eux, il s’agit d’une situation transitoire. Certains refusent même d’entrer dans des centres, ils ne sont pas là pour rester en Belgique, mais ce n’est pas pour autant qu’il faut accepter une situation qui va à l’encontre de la dignité et de la santé publique”, clarifiait Charles Picqué, bourgmestre de Saint-Gilles, dans un article de la RTBF.

Devenant trop gênants pour la commune, ce sont ces mêmes migrants qui ont été invités par la police, hier, à quitter la Gare du Midi. De chaleureuses barrières ont depuis été installées afin d’éviter que ces personnes ne reviennent. Le SAMU Social s’est, lui, occupé d’en accueillir et reloger certains.

L’association Infirmiers de rue se donne donc pour objectif de trouver des logements pour ces 400 sans-abris d’ici fin 2020. Afin de mener ce projet à bien, l’ASBL compte sur l’aide de sociétés immobilières sociales qui se chargeront de payer les loyers des locataires. Les dépenses de ces sociétés serviront également à couvrir l’aménagement du logement.

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One Response to “400 sans-abris à Bruxelles ? Plutôt 2.700”

  1. tommy.gerard.tg@gmail.com' Tommy Gérard dit :

    Bonsoir,

    il existe plusieurs nuances à apporter à votre article, qui ne fait que survoler la problématique complexe des personnes sans-abri.
    Tout d’abord, le nombre de personnes sans-abri (c’est à dire toute personne qui ne dispose pas d’un logement décent) en région de bruxelles capitale est très difficile à évaluer. Il existe un dénombrement qui a lieu tous les deux ans et organisé par la Strada (centre d’appui pour le secteur de l’aide aux sans-abri) et qui ne fait que compter à un instant précis, toute personne logeant en rue (y compris les personnes dans le centres d’hébergement).
    Il faut également ne pas oublier qu’une personne en situation irrégulière sur le territoire (que vous appelez migrant) est une personne “sans-abri”.

    L’association infirmiers de rue, avec plus d’une centaine d’autres associations et collectifs, a créé “le mouvement bruxellois pour la fin du sans-abrisme”, dont leur premier colloque a eu lieu en octobre ou novembre passé.
    Ce mouvement regroupe énormément de personnes actives, de près ou de loin, dans l’aide aux sans-abri. Infirmiers de rue n’est donc pas seul à porter ce projet, cette finalité!
    Enfin, les agences immobilières sociales ne vont pas “payer” les loyers. Ces agences dites “sociales” fonctionnent en gros comme des agences immobilières ordinaires. Elles gèrent la relation entre le propriétaire et le locataire. Ici, la spécificité réside dans le fait qu’il s’agit de personnes ayant des problématiques multiples.
    Pour payer un loyer, il faut un revenu! Ça sera donc au locataire de payer son loyer si, bien évidemment, il a droit à un revenu (allocations chômage, CPAS, mutuelle).

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