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visite des locaux de la chaîne RT
30
Avr
2016

ICI Moscou. Visite des coulisses de la chaîne télévisée d'information RT (auparavant Russia Today).

Les camionnettes de la chaîne RT, anciennement Russia Today.

ICI Moscou. Visite des coulisses de la chaîne télévisée d'information RT (auparavant Russia Today).

30 Avr
2016

Quand la chaîne RT se lance dans une opération de séduction

Mardi 16h30. Nous voilà en route pour visiter la chaine de télévision RT et nous imprégner des coulisses. A peine arrivés à l’entrée de l’imposant bâtiment vert qui abrite en son sein les locaux de la chaine de télévision, la spécialiste en chef du service des communications externes, Anna Belikova, nous emmène au septième ciel ou plutôt au 7e étage pour un tour d’horizon. Tout de suite mis à l’aise par son exubérance et l’intérêt qu’elle semble porter à chacun de nous, on comprend assez vite qu’elle tente de nous vendre le mérite et le prestige de faire partie de cette grande famille qu’est RT. Petits chocolats et café nous attendent dans l’immense salle de rédaction. De quoi nous mettre à l’aise.

Une fois que notre groupe est assis confortablement, elle entre directement dans le vif du sujet et nous présente via une vidéo les différents programmes que diffuse la chaîne. S’ensuit une conversation sur la propagande dont RT  est souvent accusée, ainsi que sur des questions géopolitiques. « L’objectif de RT est de présenter la Russie autrement qu’on ne le fait à l’étranger. » nous explique Anna Belikova. Et d’ajouter : « La différence de ce média par rapport à la propagande soviétique s’explique par le fait que RT n’est en aucun cas une chaine d’Etat, mais une chaîne globale d’information, à l’instar de Al-Jazeera, BBC France 24 ou Deutsche Welle. Celles-ci peuvent être financées par le gouvernement, sans être des télévisions d’Etat ».

A l’instar de ces chaines internationales, la chaîne russe d’information en continu RT (Russia Today) a fait son apparition dans le champ médiatique international. Créée en 2005, elle se décline en trois langues différentes : anglais, espagnol et arabe. Nous apprenons que, bientôt, une version francophone fera également son entrée sur scène. Le budget annuel alloué par le gouvernement à RT se chiffre à 30 millions de dollars. En matière de visibilité, RT n’a rien à envier à ses concurrentes. La chaîne russe comptabilise en effet un nombre d’abonnés sur Youtube proche de celui de Vice News ou d’ABC News (près de 1 800 000), CNN se trouvant un peu plus loin dans le classement avec 1 300 000 abonnés. Anna a raison : RT est indéniablement un média de poids.

Une visite sur le ton de la flatterie

Anna Belikova connait bien son métier et maitrise l’art de la flatterie comme personne : à sa question de savoir ce qu’il s’est passé en 2003 et à la réponse qui lui est donnée : « l’invasion de l’Irak », sa réaction était certes sympathique, mais pour le moins  disproportionnée : « You’are so smart, I’m so impressed. Really ». Après un échange de regards avec les autres visiteurs, on comprend que tout est fait pour qu’on se sente intelligent et mis en valeur.

La conversation finie, nous voilà à nouveau dans les couloirs de la chaine, affairés à découvrir les différentes régies, ainsi que les plateaux. On y rencontre un présentateur qui va bientôt commencer son direct. Autour de nous, les professionnels s’activent. Le silence est demandé. Les visiteurs ressortent discrètement. Anna nous prend dans les bras pour nous dire au revoir. Elle espère nous revoir une fois diplômés.

Outil de propagande ou alternative aux médias occidentaux ?

RT propose et revendique « un point de vue alternatif sur tous les grands évènements dans le monde et offre au public étranger un aperçu de la position russe. » Mais les avis divergent quant à sa position, la chaîne étant tantôt qualifiée d’outil de propagande du Kremlin, tantôt présentée comme une alternative aux grands médias occidentaux. Lors de son lancement, ce n’est autre que Vladimir Poutine, déjà à la tête de la Fédération de Russie à l’époque, qui déclarait vouloir “casser le monopole des médias anglo-saxons”. Un collaborateur de la chaîne, qui a voulu garder l’anonymat, s’insurge : « Je ne suis pas d’accord de dire que c’est de la propagande. Il y a une sorte de rancoeur envers la Russie.» Un avis qui nuance la vision que se fait parfois l’Occident de la chaine russe, considérée comme un média au service de l’Etat. Une question de point de vue donc.

Cet article a été rédigé dans le cadre du projet ICI MOSCOU.

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