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26
Oct
2018

Alors que les négociations débutent entre la haute école et l’université bruxelloise, de nombreux étudiants se questionnent.

Photo : A. Orban.

Alors que les négociations débutent entre la haute école et l’université bruxelloise, de nombreux étudiants se questionnent.

26 Oct
2018

Rapprochement IHECS/ULB : l’inquiétude de certains étudiants

Depuis plusieurs mois, des rencontres ont lieu entre les deux institutions bruxelloises. Alors que l’UCL et Saint-Louis sont également en pourparlers pour s’associer, c’est tout le paysage des études supérieures à Bruxelles qui pourrait être redéfini. L’Institut des Hautes Études de Communications Sociales (IHECS) épouserait le département des sciences de l’information et de la communication de l’ULB, pour former une nouvelle faculté. Ce mardi 23 octobre, la Haute École Galilée (dont fait partie l’IHECS) a accepté que des négociations puissent débuter avec l’ULB. Tous les voyants sont donc au vert. Mais, certains étudiants émettent des doutes sur ce projet.

Des étudiants pas rassurés

Du côté des étudiants, on s’interroge. Ce mercredi 24 octobre, le CEHEG, conseil étudiant de la Haute École Galilée, a sorti un communiqué de presse co-signé par l’UNECOF, un syndicat étudiant. Ils y déplorent le manque de transparence et l’absence des représentants étudiants à la table des négociations. Olivier Coppens, président du CEHEG, confiait d’ailleurs que « les textes sont déjà en cours d’écriture. Il se pourrait même que le texte soit déjà écrit auprès du cabinet Marcourt. »

Le CEHEG, a d’ailleurs réalisé un sondage auprès des étudiants de l’IHECS. 510 personnes y ont répondu, ce qui représente presque un quart de la population ihecsienne. 58.4 % des sondés sont défavorables à une fusion avec ULB si l’IHECS perd sa plus-value au niveau de ses cours pratiques. Depuis cette année, certains cours pratiques dispensés en bac1 se donnent en auditoire et non plus en petits groupes, ce qui alimente cette inquiétude.

Pourtant, selon la direction de l’IHECS, ce choix est purement académique et n’a rien à voir avec les discussions IHECS/ULB. Frédéric Moens, directeur des études, précise à ce sujet que l’équipe pédagogique cherche la bonne formule. Les cours pratiques de première bac connaissent une mutation depuis plusieurs années. Cette année, les consignes sont données en auditoire, mais le travail pratique à réaliser reste le même. Et les professeurs restent disponibles pour un encadrement plus resserré. De plus, Frederic Moens est très critique sur la méthode du sondage du CEHEG. “Il est biaisé et rempli d’erreurs“. Il regrette le manque de patience du CEHEG qui n’a pas attendu que l’école reçoive l’autorisation de négocier son avenir pour déjà réagir.

Olivier Coppens pointe une autre inquiétude : « Ce serait aussi problématique s’il y a trop d’étudiants dans l’infrastructure. » Il explique que l’auditoire principal de l’IHECS, qui est le BV1, fait 450 places et il y a déjà plus de 600 inscrits en première dans la configuration actuelle. Si l’on rajoute environ 200-300 élèves de l’ULB, ce serait impossible à gérer au sein de l’IHECS. Pour la direction de l’IHECS, cette inquiétude est injustifiée : il n’y aura jamais plus d’étudiants dans les bâtiments, déjà trop exigus, de l’école actuelle. L’école a d’ailleurs le projet de déménager sur le site de Reyers, à Schaerbeek, une nouvelle implantation qui pourrait également accueillir le département des sciences de l’information et de la communication de l’ULB. Toutefois, ce déménagement n’est pas prévu avant 2022, pour l’IHECS Academy (département de formation continue), et avant 2026 pour les sections.

Est-ce à dire que les étudiants de première iront suivre des cours sur le campus du Solbosch, dans l’attente d’une implantation commune sur le site de Reyers ? C’est une éventualité, mais cela dépendra de la vitesse à laquelle se concrétise le rapprochement. Si celui-ci devrait débuter en 2020, cela ne signifie pas pour autant qu’il sera effectif pour toutes les années et tous les masters, d’un seul coup. Le mariage pourrait donc s’étaler sur plusieurs années.

Photo : Adrien Orban (BBB)

A l’ULB, on est dans l’expectative

Le président du bureau étudiant de la faculté de Lettre, Traduction et Communication le soulignait : « Ici, on attend de savoir à quoi vont aboutir les discussions avant d’en parler avec les étudiants et de nous positionner. »

Pour Gauthier Simons, président du CJC (Cercle étudiant de Journalisme et Communication), ce rapprochement pourrait être bénéfique pour tout le monde. « Dans une université, on va davantage vers le théorique en bachelier. Ça pourrait permettre d’avoir des cours plus pratiques ». Il souligne aussi que la qualité de l’apprentissage théorique de l’ULB pourrait apporter une plus-value à l’IHECS. Il explique également que la philosophie des deux institutions est assez différente. « Au début et comme pour tout, la cohabitation va être difficile ». Cependant, il se veut rassurant et pense qu’en fin de compte, le rapprochement devrait bien se passer.

Les représentants étudiants s’interrogent aussi par rapport à l’avenir des membres du personnel. « J’ai entendu que le statut d’enseignant à l’IHECS était beaucoup plus instable », confie le président du BEA. En effet, de nombreux professeurs de l’IHECS sont des professeurs invités et pourraient être laissés de côté en cas de fusion. De plus, il y aura sûrement des postes qui feront doublon au niveau administratif ou au niveau académique avec notamment les professeurs de langues qui sont, pour la plupart, nommés. Toutefois, il y a, de part et d’autre, des membres du personnel qui ne peuvent pas être écartés car ils font partie d’un cadre d’extinction. Ce serait d’ailleurs le cas de l’ensemble du personnel de l’IHECS, contractuels et statutaires, en cas de rapprochement avec l’ULB. Leur emploi et des possibilités de promotion leur seraient garantis, ce jusqu’à leur pension.

Côté ULB, notons que la faculté Lettres, Traduction et Communication n’avait été créée que très récemment, en 2015, avec l’arrivée de l’ISTI, école de traduction et d’interprétation, ainsi qu’avec la scission de la faculté de Philosophie et Lettres. Elle comprend à ce jour trois départements : Langues et lettres, Traduction et Sciences de l’information et de la communication. Ce dernier partirait pour créer une nouvelle faculté avec l’IHECS. L’intégration de l’ISTI étant encore en cours, le départ d’un département pourrait compliquer le travail organisationnel et administratif au sein de cette faculté. Et susciter son lot de mécontentements.

Une évolution progressive vers le modèle universitaire

Reste à savoir quel pourra être le modèle pédagogique commun entre l’ULB et l’IHECS ? Jean-François Raskin, administrateur général de l’IHECS, souligne que l’enseignement pratique et appliqué qui a fait la renommée de l’école doit être maintenu. Il en va de même pour le nom de l’établissement. On le voit, il y a certains points sur lesquels l’IHECS se montre intransigeante.

Une différence majeure entre les hautes écoles et les universités est l’accès à la recherche. Mais sur ce point, c’est une opportunité à saisir pour l’IHECS. Pour Jean-François Raskin, l’accès à la recherche est d’ailleurs l’une des principales raisons de ce rapprochement. « Notre souhait est de pouvoir permettre à l’IHECS de faire de la recherche. Il faut donc que l’on s’associe avec une université. D’un point de vue géographique, le choix de l’ULB parait logique. » Si un rapprochement avec l’ULB devait se concrétiser, ce serait pour l’IHECS le résultat d’une évolution progressive vers un modèle universitaire.

 

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