15
Déc
2016

Comment une télévision locale à l'image "poussiéreuse" s'est réinventée en cinq innovations.

Les étudiants de l'IHECS ont pris le contrôle du plateau de Matélé pour une émission spéciale consacrée à la révolution numérique.

Comment une télévision locale à l'image "poussiéreuse" s'est réinventée en cinq innovations.

15 Déc
2016

#tousàtable, l’initiative de Matélé qui réinvente la télévision locale

La révolution numérique c’est MAINTENANT ! Matélé a annoncé d’emblée la couleur pour sa grande soirée #tousàtable, le 9 décembre 2016. La nourriture était juste un prétexte. La soirée était en réalité consacrée aux médias et à leur évolution technologique. Comment une télévision locale peut-elle se réinventer ? Retour sur cette expérience médiatique 2.0 qui a mêlé la rédaction de Matélé et les étudiants de Master en Presse-info de l’IHECS, dont nous, reporters du Bruxelles Bondy Blog.

Matélé, la télévision locale de l’arrondissement de Dinant, s’est lancé un pari il y a plusieurs mois déjà. L’opération #tousàtable avait pour but de rassembler les habitants de la zone autour d’une question du quotidien : pourquoi mange-t-on ce que l’on mange ? Autour du thème de la nourriture, c’est tout un microcosme qui s’est formé. La seule consigne : créer des contenus multimédias et les diffuser ensuite sur les réseaux sociaux, en particulier dans le groupe Facebook #tousàtable. En parallèle, 47 auberges espagnoles ont été organisées par les citoyens de la région et ont été reliées grâce au numérique. Un record susceptible d’être homologué par le Guinness Book !

Révolutionner les pratiques

Au delà de ce simple hashtag, #tousàtable est un projet bien plus ambitieux et maintenu à moitié secret jusqu’à la soirée du vendredi 9 décembre. L’objectif : casser l’image « poussiéreuse » du média régional en intégrant les codes du numérique et en les imposant aux spectateurs. « Le but, pour nous au sein de Matélé, était de faire un virage à 180° vers le numérique. On voulait profiter de cette journée #tousàtable, et en particulier de la soirée, pour révolutionner les pratiques de la chaîne en termes de journalisme », déclare Anne Pirson, rédactrice en chef de Matélé.

C’est Morgane Halloy, visage du journal télévisé de la chaîne (L’Actu), qui s’est occupée de la collaboration entre la rédaction de Jemelle et les étudiants de l’IHECS mobilisés sur cette action. Pour elle, l’essentiel était « d’amener les spectateurs habituels à se déplacer sur le net et sur les réseaux sociaux. De leur montrer que l’actualité se passe désormais principalement en ligne. On a même hésité à couper le faisceau de la chaîne le temps d’un soir pour marquer la coupure. »

Mais plutôt que de couper la retransmission, Matélé a choisir de garder l’antenne pour faire découvrir, éduquer, expliquer les nouveaux médias et les nouveaux phénomènes numériques à un public non initié. Grâce à un format décalé de slow TV, le vendredi soir de Matélé a été bouleversé pour prendre une toute nouvelle dimension. Celle d’une télévision locale qui cherche à se rénover, à se réinventer.

Voir l’émission en intégralité

Bouleverser les codes

Le journalisme est secoué par la révolution numérique. Il doit sans cesse s’adapter aux nouvelles avancées technologiques. Il doit être modelé à toutes les sauces, pour tous les goûts. Les codes et formats de narration évoluent presque quotidiennement et il est parfois difficile de suivre la cadence pour certains usagers.

Le journalisme de demain passe notamment par le MoJo, acronyme de Mobile Journalism. En décidant de passer totalement au numérique, Matélé a fait le choix de se passer de « grosses » caméras le temps d’une journée. Armés simplement de smartphones, les équipes ont multiplié les couvertures dans les différentes auberges espagnoles tout au long de la journée. Trois directs étaient ainsi réalisés sur Facebook Live. Coup de projecteur sur cette nouvelle pratique.

Et parce que nous aussi on innove, toutes les capsules ci-dessous ont été réalisées sur smartphone. #metamojo

Outre le fait d’utiliser des smartphones et des dispositifs mobiles, l’un des principaux concepts de cette soirée #tousàtable, et l’une des conditions sine qua non à la réussite de l’événement, était le besoin que les traditionnels consommateurs, receveurs d’informations deviennent des producteurs, des acteurs, des collaborateurs de l’information. En publiant, partageant, des photos, des vidéos, des opinions sur le thème de la nourriture et en participant aux diverses auberges espagnoles connectées, ce sont tous les citoyens de la région qui ont produit l’information, le contenu.

Bouleverser les formats

Avec l’avènement des smartphones, micro-caméras et autres objets de prise d’images, les formats ont évolué. Le panoramique d’antan a laissé place à des images à 180° voire 360°. Ces nouveaux formats d’images innovent et réinventent les codes traditionnels de la télévision. Ils font appel à de nouveaux supports pour être visionnés, que ce soit sur internet ou grâce à la réalité virtuelle.

Chez Matélé, ces nouveaux formats ont été testés dans le cadre du projet #tousàtable. La rédaction locale a même réalisé le premier duplex en double 180°. Le but de cette expérience et de ce nouveau format était de matérialiser visuellement une rencontre entre deux acteurs issus de milieux différents, sans pour autant les sortir de leur univers propre. Deux personnes qui discutent en face-à-face mais qui ne sont pas au même endroit. Mettre en contact deux univers, deux réalités qui ne se rencontrent jamais. Un nouveau format qui demande encore à être approfondi mais qui a toute sa légitimité.

Ces nouveaux formats qui permettent de naviguer dans les images au gré de la volonté du spectateur via sa souris ou son casque de réalité virtuelle, semblent plus adéquats pour faire passer certaines informations. Le rôle du journaliste est de donner un maximum de sens et de poids au message et donc, d’utiliser ce type de formats afin d’apporter une réelle plus-value et non pas de le voir simplement comme un gadget. On va mettre le spectateur dans un rôle actif, c’est lui qui est aux commandes. Matélé a bien compris ce challenge et a réalisé une visite de l’abbaye Saint-Rémy à Rochefort, l’une des six abbayes trappistes de Belgique.

Les innovations ne manquent pas et il suffit de les saisir, de se les approprier et de décider de franchir le pas. Ce pas, Matélé a décidé de le faire avec une certaine réussite afin de réinventer sa télévision de proximité. Pour tous les élèves de l’IHECS et reporters du BBB, mais aussi pour la rédaction de Matélé, cette soirée du vendredi 9 décembre a rempli ses objectifs. Une expérience qui invite à poursuivre sur cette lancée d’innovation numérique pour donner une seconde jeunesse aux médias, et plus particulièrement aux médias locaux.

 

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