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Screenshots de l'application Periscope
25
Mar
2016

L’application de vidéo live sur les réseaux sociaux est de plus en plus utilisée lors d’événements tragiques comme les attentats de Bruxelles.

Après les explosions à l'aéroport de Zaventem, Laurent Giaccio a eu le réflexe d'utiliser Periscope.

L’application de vidéo live sur les réseaux sociaux est de plus en plus utilisée lors d’événements tragiques comme les attentats de Bruxelles.

25 Mar
2016

Attentats de Bruxelles : Periscope, une application pas si inoffensive

Aéroport de Bruxelles, mardi 22 mars 2016, un peu avant huit heures du matin. Deux bombes explosent. Laurent lance un Periscope. Il est en train d’évacuer l’aéroport avec des centaines d’autres voyageurs. À l’extérieur, Mohamed a eu le même réflexe, il filme les militaires se mettre en place pour limiter l’accès aux parkings et aux entrées du bâtiment. Dans la rue de la Loi, Clémence montre le bouclage du quartier européen. Ces citoyens font vivre en temps réel les événements à des milliers de spectateurs derrière leur écran.

Une révolution pour le journalisme

Depuis l’avènement du web 2.0 et des blogs, les citoyens ne sont plus seulement des cibles de l’information, ils en deviennent la source. L’application Periscope renforce cette tendance participative. Ici, ce n’est plus l’ordinateur qui est utilisé mais le smartphone. Le monde du journalisme se retrouve une nouvelle fois bousculé.

Si n’importe qui peut diffuser des images en direct, peu sont ceux qui sont formés aux règles éthiques du métier. « Quand c’est un journaliste derrière le smartphone, il est censé avoir une déontologie qui doit lui faire dire, à un moment donné, qu’il ne filmera pas telle ou telle chose, fait remarquer Damien Van Achter, journaliste entrepreneur et spécialiste des nouveaux médias. Alors que monsieur tout-le-monde se dira que c’est génial, qu’il faut filmer ce qu’il voit, sans avoir conscience des risques et des implications derrière. »

« Les autorités apprennent à vivre avec »

Du coté des services de sécurité et de gestion de crise, l’application n’est pas vue d’un mauvais œil. « Les autorités apprennent à vivre avec, explique Benoît Ramacker, porte-parole du Centre de crise. On ne peut pas aller contre l’utilisation des médias sociaux qui est faite par les citoyens. Au contraire, dans certaines situations, ça peut être intéressant d’avoir les images de ceux qui sont sur le terrain pour nous faire, à distance, une idée des mesures à prendre. »

La situation peut cependant être plus problématique quand il s’agit d’outrepasser les ordres de la police, notamment quand celle-ci demande aux journalistes de ne pas diffuser d’informations sur les opérations en cours. « Dans le cas où des utilisateurs filment des perquisitions, ça peut être dangereux. Premièrement, pour leur propre sécurité, justifie Benoît Ramacker. Ensuite, parce qu’on n’a pas envie que les personnes visées par les perquisitions puissent voir ce qu’il se passe derrière leur porte. »

Quant à un éventuel blocage de l’application au cours d’opérations policières secrètes, le porte-parole signale : « Brouiller les ondes, couper les connexions sont des choses envisageables. Je ne sais pas si c’est la solution. Je pense qu’il faut plutôt jouer sur l’éducation des gens, leur apprendre les manières de se comporter sur les médias sociaux. Les utilisateurs doivent se rendre compte des conséquences que leurs actes peuvent avoir. Il faut être responsable. »

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