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Darrez derrière l'un des nombreux micros de radio Arabel
02
Mai
2016

BIENVENUE CHEZ LES MAROXELLOIS. Elias Zerrad, animateur sur AraBel, défend son identité belgo-marocaine.

Elias Zerrad, alias "Darrez", anime « Le 20/22 » sur AraBel.

BIENVENUE CHEZ LES MAROXELLOIS. Elias Zerrad, animateur sur AraBel, défend son identité belgo-marocaine.

02 Mai
2016

Darrez : « Je suis entre deux cultures mais je ne sais pas vraiment où me situer »

Avec sa mèche laquée, sa barbe de trois jours et son air détendu, Elias Zerrad, 21 ans, plus connu sous le surnom de Darrez, est un homme qui ne manque pas d’idées. Celui qui présente l’émission « le 20/22 », en duo avec Lucile, sur AraBel, n’a pas perdu son temps. Ses quatre années, de 14 à 18 ans, en tant que youtubeur ont permis à Elias de se faire un nom sur les réseaux sociaux et auprès des jeunes. Sa notoriété n’est plus à prouver. Un stage à Fun Radio et un passage remarqué par Radio KIF ont donné l’élan nécessaire au personnage pour se lancer. Aujourd’hui, il cumule les mandats en intervenant aussi dans “C’est presque sérieux” sur la RTBF, RTL et d’autres médias encore.

AraBel, “la radio au pluriel”

Anciennement occupée par la radio Almanar, la fréquence 106.8 FM de Bruxelles est la propriété d’Arabel depuis 2013. Nouvelle équipe dynamique, locaux flambant neufs… l’aventure Arabel est en marche. Si, comme son aînée, celle-ci est toujours vue comme une radio dédiée particulièrement aux communautés arabes, berbères et musulmanes, Arabel a envie de s’ouvrir à un public plus large. Des animateurs venus des quatre coins du globe permettent à la radio d’ouvrir ses frontières et d’offrir un métissage culturel à l’image de Bruxelles.

Cette richesse se matérialise derrière leur slogan « Arabel FM, vivez la radio au pluriel ». Les principaux objectifs sont d’être au plus proche des auditeurs, de permettre le dialogue entre les différentes communautés de la capitale et de relayer les initiatives se déroulant dans les quartiers populaires.

Le Maroc, d’où ont émigré ses grands-parents dans les années 60, garde une place importante dans son cœur même s’il ne se considère pas comme un immigré. « Je me trouve dans une situation où on me rappelle mes racines », fait remarquer Elias, bien que cela constitue, avant tout, une richesse pour lui. « Je suis entre deux cultures mais je ne sais pas vraiment où me situer », renchérit-il. Au Maroc, il est considéré comme un Belge et en Belgique comme un Marocain.

L’ouverture d’esprit constitue un des principaux avantages de cette double identité selon lui. Sa culture l’a poussé à s’ouvrir aux autres sans en avoir peur bien qu’il trouve que cette peur soit normale et dictée par notre société. S’il devait pointer un seul point négatif, ce serait celui « d’avoir un chez-soi sur deux continents sans avoir de réel chez-soi ».

Polyglotte, l’apprentissage des langues étrangères ne semble pas le rebuter. Il parle français, néerlandais, il a eu des cours d’allemand (à ce niveau-là, il s’estime plus belge que le Premier Ministre) ou encore le dialecte marocain. Il sait également lire et écrire l’arabe classique. Un apprentissage qu’il estime important pour que ce patrimoine culturel – et presque génétique – ne se perde.

“Maroxellois”, un terme à prendre avec précaution

Fier de ses origines et bien ancré à Bruxelles, Darrez ne se reconnait pas à travers le terme “Maroxellois”. Selon lui, “ce mot me fait davantage penser à un jeune délaissé qui traine dans un ghetto. » Il ne se sent pas du tout représenté par ce genre d’archétypes qui lui vient en tête. (NDLR : comme indiqué dans l’encadré ci-dessous, nous employons le terme “maroxellois” comme un clin d’œil dans le cadre d’un échange culturel et journalistique entre étudiants marocains et bruxellois et non dans un but de qualification ou de stigmatisation.)

Darrez veut éviter la ségrégation qui crée des catégories en fonction des origines et des appartenances culturelles et religieuses. Pas de « Noirs de Belgique, d’Arabes de Belgique ou de Juifs de Belgique », mais tout simplement des Belges. Cependant, il est impossible de passer à côté des différentes origines et religions des Bruxellois. Impossible pour lui, par exemple, de cacher ses origines et d’affirmer sa belgitude, car « sur ma gueule, ça ne se voit pas ». Il accepte tout de même d’être catalogué “maroxellois” uniquement si ce terme désigne un Marocain habitant à Bruxelles.

Son Bruxelles, c’est le Bruxelles que l’on a vu à la Bourse après les attentats. C’est un Bruxelles coloré, multiculturel, un Bruxelles uni contre la peur, contre les divisions sociales. Son Bruxelles, il le rêve sans ghettoïsation.

Bienvenue chez les Maroxellois

Neuf étudiants marocains de l’ISIC (l’Institut supérieur de l’information et de la communication) et deux de leurs professeurs ont investi la rédaction du Bruxelles Bondy Blog. Notre thème de la semaine sera “Bienvenue chez les Maroxellois”, une façon de qualifier notre échange inter-culturel, mais aussi un clin d’œil à une expression qu’utilisent certains Bruxellois d’origine marocaine en référence à leurs identités plurielles.

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