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Les médias sont-ils encore utiles ?
15
Mar
2018

92 % des français jugent le journalisme utile. Mais en quoi ?

Le journalisme est-il encore utile ?

92 % des français jugent le journalisme utile. Mais en quoi ?

15 Mar
2018

Être utile, perpétuel défi du journalisme

Une des grandes thématiques abordées lors des Assises internationales du journalisme à Tours est l’utilité du métier. À une époque où « n’importe qui » peut devenir journaliste et où le relais d’infos est de plus en plus rapide et varié, la question est en droit d’être posée : le journalisme est-il toujours utile ? À cette question, 92% des Français répondent « oui » selon un sondage de Viavoice lancé à l’occasion de l’ouverture de ces Assises. Cette notion d’utilité peut se décliner sous de nombreux aspects, avec pour principale ligne de mire : le service rendu au public.

La question de l’utilité a été déclinée en trois thématiques lors des ateliers des Assises : la presse comme outil de compréhension du monde, comme gage de fiabilité et comme recherche de solutions à des problèmes sociétaux.

La presse magazine comme outil de compréhension

« On peut parler d’utilité car la passion des lecteurs pour un sujet spécifique débouche sur quelque chose de plus concret, qui donne des armes au lecteur pour comprendre le mode qui l’entoure », explique Matthieu Villiers, directeur de la rédaction de Science & Vie. « Autre utilité : nos lecteurs nous rapportent que nos articles sont pratiques pour trouver des petites astuces pour un “mieux vivre”. » L’enquête Viavoice appuie son propos puisque 49% des Français sondés veulent que les médias leur apportent des informations « utiles et pratiques au quotidien ».

Il existe, sur papier, une différence formelle entre l’IPG (information politique et générale) et le magazine, certes. Cependant, les magazines finissent, au travers des passions qu’ils partagent avec leur public, par traiter de l’information générale eux-aussi. Le magazine France Football illustre bien ce phénomène. Arnaud Tulipier, rédacteur en chef adjoint du magazine explique qu’au-delà des sujets de pur football, le magazine peut soulever des problématiques économiques, comme le Qatar Gate qui a révélé les dessous financiers de l’organisation du Mondial 2022 au Qatar. Citons encore les détournements de fonds qui ont eu lieu lors de la construction du nouveau stade de l’Olympique de Marseille. C’est ainsi qu’un magazine informe le lecteur sur ses centres d’intérêt, tout en lui faisant prendre conscience de problématiques qui dépassent le cadre sportif.

La certification des faits au service du public

Un enjeu important pour la presse aujourd’hui est de restaurer la confiance entre les médias et leur public. « 61% des Français attendent des médias qu’ils vérifient les informations fausses, les rumeurs et la désinformation » rapporte le sondage de Viavoice.

Le fact checking fait partie des outils qui permettent aux journalistes d’atteindre cet objectif. Les élections présidentielles 2017 en France ont vu naître Crosscheck, une initiative de journalisme collaboratif qui permet de traiter avec précision les informations fausses, trompeuses ou portant à confusion sur le net. En l’occurrence celles qui concernent les candidats et partis politiques. Mais ce projet s’étend bien au-delà des élections et offre au public un gage de qualité de l’information. Il érige la lutte contre la désinformation comme l’une des voies pour améliorer les relations avec le public.

Vers la recherche de solutions

Une forme médiatique récente, le journalisme de solutions, met en lumière les initiatives de personnes qui cherchent ou apportent des solutions à des problèmes de société. Il s’agit d’y trouver des réponses concrètes et concluantes. Pour Gilles Vanderpooten, directeur de Reporters d’Espoirs, « le journalisme traditionnel qui donne une info et la traite est déjà constructif, mais il est encore plus utile en apportant des réponses concrètes et concluantes aux problèmes ». Meriem Oudghiri, secrétaire générale de la rédaction de l’Économiste (Maroc), y voit « la valorisation d’un double impact du métier » qui permet de voir et de raconter le monde autrement.

L’utilité de journalisme existe donc bien aux yeux des professionnels comme du public. Elle peut se décliner de différentes manières et continuera d’évoluer en même temps que le journalisme et les usages qui en sont faits.

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