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16
Déc
2015

"Notre défi, c’est de trouver une place pour les nouveaux demandeurs d’asile, mais c’est clair que certaines personnes se retrouvent à la rue"

Les bureaux de Fedasil

"Notre défi, c’est de trouver une place pour les nouveaux demandeurs d’asile, mais c’est clair que certaines personnes se retrouvent à la rue"

16 Déc
2015

Fedasil : “Une capacité humaine, financière et opérationnelle qui ne peut pas être plus rapide”

Suite à la condamnation des autorités belges par la cour du travail de Bruxelles, les reporters du bus labdavanac ont contacté Benoit Mansy, porte-parole de Fedasil (organisation du gouvernement fédéral chargé de l’accueil des demandeurs d’asile), pour avoir plus d’informations quant aux mesures mises en œuvre pour l’accueil des migrants en Belgique.

Les demandeurs d’asile ont besoin du document “annexe 26” pour se voir attribuer un centre d’accueil…

Oui, les demandeurs d’asile s’enregistrent à l’Office des étrangers. Une fois qu’ils sont enregistrés, ils passent chez Fedasil qui leur attribue une place d’accueil. L’accueil est donc garanti tout au long de l’examen de la demande d’asile. Une fois que le demandeur d’asile a reçu une décision, qu’elle soit positive ou négative, alors il quitte le réseau d’accueil de Fedasil. Nous n’accueillons évidement que les personnes qui ont enregistré leur demande d’asile à l’Office des étrangers.

Centre de dispatching de Fedasil à l'office des étrangers à Bruxelles.

Photo : Fedasil / Pauline Beugnies

 Mais il y a des migrants qui arrivent à l’Office des Étrangers et qui ne reçoivent pas cette annexe 26…

Ce qu’il se passe pour l’instant, c’est qu’il y a une augmentation des demandes d’asile. La capacité d’enregistrement à l’Office est limitée. Généralement, c’est 250 dossiers par jour. Toutes les personnes qui sont enregistrées sont accueillies, mais c’est vrai que certaines personnes, parce qu’il y a trop de monde, n’arrivent pas à se faire enregistrer et reçoivent une convocation pour un jour suivant.

Pour ces personnes qui ne reçoivent pas cette annexe 26, vous ne savez rien faire ?

Notre défi quotidien, c’est de trouver une place pour les nouveaux demandeurs d’asile. Quant à ceux qui n’ont pas réussi à s’enregistrer, eux sont dans ce qu’on appelle le “pré-accueil”, pour lequel des structures ont été prévues par la WTC3 (bâtiment en face de l’Office des Étrangers). Ils attendent là qu’ils puissent enregistrer leur demande.

Le WTC3 ne peut pas accueillir tout le monde… Il arrive que certains se retrouvent à la rue ?

Oui, évidemment. Le pré-accueil, c’est plus ou moins 1.000 places d’accueil qui sont toutes occupées et, au niveau du gouvernement (ce n’est pas Fedasil qui décide), il y a des mesures qui ont été prises pour augmenter de 300 ou 400 places la capacité du pré-accueil au WTC3. À côté de ça, il y a aussi des familles qui accueillent quelques personnes qui attendent d’enregistrer leur demande. Il y a aussi d’autres réseaux associatifs qui sont mis en place, notamment par MSF (Médecins sans frontières) ou des églises, mais c’est clair qu’il y a certaines personnes qui se retrouvent à la rue.

Pourtant, l’Etat belge est contraint de procurer un pré-accueil à tout le monde, sous peine d’astreintes. C’est ce qu’a montré le cas du jeune afghan qui a fait condamner la Belgique. Si la situation devait se reproduire avec d’autres personnes, qu’est-ce qui va être mis en œuvre concrètement ?

Chez Fedasil, nous respectons la décision du tribunal. On est obligé de réagir si on nous l’impose. Les personnes qui se présentent chez nous avec une décision de justice, elles seront toutes accueillies. Évidemment, ça se fera au détriment d’autres demandeurs d’asile.

centre d'accueil des demandeurs d'asile

. Photo : Fedasil / Pauline Beugnies

Donc, ces personnes qui vont en justice passent devant des gens qui ont fait la file et qui ont obtenu l’annexe 26 ?

Oui,  disons que le problème c’est ça. Ce n’est pas une question de mauvaise volonté, c’est qu’on se retrouve face à un afflux qui est vraiment très important et imprévu, donc les structures ne sont pas prévues pour réagir face à un tel afflux. On met tout en œuvre pour accueillir un maximum de gens. Ces dernières semaines, il y a des places d’accueil qui s’ouvrent à tout bout de champ, mais évidemment, il y a une capacité humaine, financière et opérationnelle qui ne peut pas être plus rapide. Notre mission c’est ça,  on essaie de garantir cette mission d’accueil le mieux possible.

Écouter l’intégralité de l’interview

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