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18
Avr
2016

A Moscou pour une formation sur les médias russes, les étudiants fréquentent la faculté de Journalisme, lieu riche en histoire.

A Moscou pour une formation sur les médias russes, les étudiants fréquentent la faculté de Journalisme, lieu riche en histoire.

18 Avr
2016

Immersion singulière à l’Université de Moscou

SEMAINE SPÉCIALE MOSCOU. Dans le cadre d’un échange à l’Université d’État Lomonosov de Moscou, 23 étudiants de l’IHECS ont intégré la faculté de journalisme pour une durée de deux semaines. Il s’agit de suivre un programme international sur le journalisme et ses enjeux en Russie.

Au cœur de la capitale russe, à quelques pas de la mythique Place rouge et du Kremlin, la faculté de Journalisme de l’Université de Lomonosov détonne : elle se veut unique par son architecture, son histoire et sa position. Seule faculté à ne pas exercer ses activités dans les bâtiments de style Stalinien du campus universitaire situé au sud de Moscou, l’Ecole de journalisme garde un caractère singulier dans un lieu d’exception. Lorsqu’on s’aventure dans son timide jardin en pente, on saisit très vite la richesse de ce bâtiment du XVIIIème siècle, classé comme les monuments historiques de Moscou. retour dans le temps assuré. Une imposante masse verte en acier à l’image de Mikhaïl Lomonosov, le fondateur de l’Université d’Etat de Moscou, semble suivre des yeux les allées et venues des étudiants.

  • L'Université d'État Lomonosov de Moscou
  • Juste en face l’université, la Place Rouge et le Kremlin.
  • Une grande plaque en or reprend le nom des personnes célèbres qui ont étudié ici.
  • Le long des couloirs s’alignent les bustes d’illustres historiens, poètes et écrivains russes.
  • Depuis sa création, la faculté articule théorie et pratique du journalisme.
  • Les travaux des étudiants sont exposés au dernier étage de la faculté.
  • Larisa Mikhaylova est professeure de littérature et de culture américaine à la faculté de journalisme depuis plus de 30 ans.
  • Dignes d’une salle de rédaction, des horloges des différentes capitales du monde et des écrans diffusent des informations en continu.
  • Au pied des escaliers, des étudiants occupent quelques tables rondes et des bancs en bois. Ils discutent et mangent dans cette cafétéria improvisée.
  • Surplombant l’édifice, le dôme de verre ne fut ajouté qu’au début du XXe siècle.
  • Le superbe escalier de marbre, cachet de l’ancienne salle de bal.
  • Amoureux des sciences, Mikhaïl Lomonosov fonde l’Université d’État de Moscou avec l'aide d'Ivan Chouvalov
  • La majorité des cours du programme international ont lieu dans la salle de classe Elisabeth I.

À l’intérieur, la surveillance est laissée aux portiques électroniques et à leurs gardes peu commodes. Ils semblent ne jamais esquisser un sourire, une sorte de bienvenue à la russe. Après une première rangée de marches, c’est la surprise : une avalanche de marbre précieux rose et blanc nous coupe le souffle dès l’arrivée. Une scène digne d’un film romantique se dessine autour de nous : statues, colonnes, marbres de toutes teintes, grandes portes en bois sculpté, peintures et, pour couronner le tout, un immense dôme de verre qui laisse pénétrer une grande lumière diffuse dans tout le hall d’entrée.

Les origines de cet édifice de la rue Mokhovaya suscitent pourtant le débat. Lors d’une promenade dans les couloirs de la faculté avec Diana Kulchitskaya, professeure en journalisme, celle-ci nous explique que le bâtiment de la faculté appartenait à l’époque à une riche famille russe qui avait fait construire cette demeure afin d’en faire une salle de bal. On comprend mieux le majestueux escalier de marbre qui remplit la quasi totalité du hall principal. Les marches que les étudiants montent tous les jours pour se rendre en cours étaient à l’époque un haut lieu de la mondanité moscovite.

Une professeure que nous arrêtons dans le péristyle du premier étage nous livre un autre version de l’histoire. Larisa Mikhaylova nous raconte que le bâtiment aurait été acheté en 1832 par l’Empereur russe Nicolas I lui-même afin d’y fonder l’université. Elle reprend en riant : « Une histoire bien honorable pour la faculté, n’est-ce pas ! »

Surplombant la structure du hall principal, le dôme de verre transforme ce lieu central du bâtiment en un puits de lumière. Chacun a droit à son moment de gloire lorsqu’un rayon de soleil frappe sur son visage. La gent féminine, présente en grande majorité dans la faculté, donne à ce lieu un twist d’élégance. En jupette et haut-perchées, elles gravissent les escaliers à la façon d’un défilé parisien.

Des bustes de poètes, d’écrivains et d’historiens russes rythment notre excursion dans les couloirs de la faculté. Une grande plaque dorée retient particulièrement notre attention. Sur celles-ci sont gravés les noms de grands personnages célèbres qui sont passés par l’ancienne Faculté de Philologie, aujourd’hui Faculté de Journalisme. Diana Kulchitskaya nous pointe quelques noms avec fierté. Passé et présent semblent cohabiter harmonieusement dans cette faculté. Diana se tourne alors et nous montre le dôme en verre. Elle nous raconte que celui-ci avait été détruit pendant la Seconde guerre mondiale, et qu’il existe des photos de l’escalier disparu sous un manteau blanc de neige. Avant de nous laisser, Diana nous glisse le nom Yassen Zassoursky, figure légendaire au sein de l’école. Doyen de la faculté pendant 60 ans, il est respecté par tous les journalistes et considéré comme le père de la faculté de journalisme. Nous comprenons que cet homme est devenu la figure de l’école, un vrai ambassadeur de la faculté en Russie mais au aussi à l’étranger. La conversation continue et les questions fusent. Cependant, l’heure de la prochaine heure de cours débute bientôt. En esquissant un sourire, Diana s’excuse alors et nous quitte. Elle s’engouffre en vitesse dans la salle 223, dédiée à l’impératrice Elisabeth.


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