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Aurélie Collard dans son jardin veillant sur ses enfants.
31
Mar
2015

Maman à plein temps, Aurélie Collard s’est récemment lancée dans le homeschooling. Portrait.

Aurélie Collard est persuadée que ses enfants apprendront plus à la maison qu’à l’école.

Maman à plein temps, Aurélie Collard s’est récemment lancée dans le homeschooling. Portrait.

31 Mar
2015

“L’école à la maison nous permet de redevenir acteurs de notre vie”

Avec le ventre rond comme un ballon, Aurélie est la jeune maman de quatre enfants, bientôt cinq. Entourée de sa marmaille et de son compagnon, elle a accepté de nous expliquer son désir de faire l’école à la maison. C’est suite à une épidémie de coqueluche dans l’école de ses enfants, alors qu’elle avait un nourrisson à la maison, qu’Aurélie a fait le choix d’enlever ses enfants de l’institution.

Elle a pris cette décision en entendant une interview d’André Stern, conférencier qui a grandi en dehors de toute scolarisation et qui professe les bienfaits du lâcher-prise éducatif. Selon lui, ce sont l’enthousiasme et le jeu qui sont les plus bénéfiques à l’apprentissage des enfants. L’école à la maison est alors apparue comme une évidence aux yeux d’Aurélie.

Pour elle, il y a un âge pour toute chose. Si on ne donne pas le temps à l’enfant de jouer, de s’émerveiller et de s’amuser à six, dix ou douze ans, ce n’est pas à 30 ans que l’on va le faire. Aurélie a toujours dit à ses enfants de se dépêcher. Mais lorsque qu’un enfant découvre une pâquerette au bord de la route, il lui semblait cruel de lui dire qu’“il n’y a pas le temps”.

Apprendre par la vie de famille

Cette jeune maman aime enseigner et surtout voir ses enfants apprendre. Elle peut déjà percevoir les passions de certains. A la maison, elle estime qu’ils ont le temps d’apprendre à se découvrir avant de connaître des matières basées sur les compétences. Participer à la vraie vie de famille, aider à faire la vaisselle, apprendre à gérer les conflits… Ce sont des compétences qui ne sont pas enseignées à l’école. Toutefois, ces habilités sont aussi importantes et souvent négligées. Les enfants doivent apprendre à gérer leurs propres besoins pour devenir des adultes responsables.

Les avantages de l’école à la maison sont multiples. Ce système suit le rythme biologique des plus petits, il permet de s’organiser en fonction des opportunités extra-scolaires mais avant tout d’être ensemble. De plus, il est important d’adapter le temps de travail en fonction de l’intérêt et de la fatigue de l’enfant. Aurélie rappelle qu’un enfant oublie 90% de ce qu’il a appris après une journée d’école. Le cerveau se développe là où nous l’utilisons avec enthousiasme. Par le jeu, on peut apprendre énormément. Aurélie est persuadée que ses enfants apprendront plus à la maison qu’à l’école.

A l’écart des autres enfants

Pour beaucoup, le homeschooling est vu comme un exil de la société. En retirant ses enfants de l’école, Aurélie les prive, d’une certaine manière, des relations avec leurs camarades de classe. Elle précise qu’elle ne veut pas les mettre à l’écart mais que le modèle proposé par la société n’est pas nécessairement le seul à suivre. Pour elle, il n’y a pas que l’école qui sociabilise. Aurélie ne confine d’ailleurs pas ses enfants à la maison. Ils sont inscrits au théâtre, dans le scoutisme et à l’académie de musique.

Dans l’enseignement, Aurélie a sa préférence pour le français, les langues étrangères et la culture générale. Elle n’est pas la seule à donner cours. Son entourage l’aide beaucoup et des intervenants extérieurs font le relais pour certaines matières. Généralement, les enfants sont très coopératifs et acceptent ce qu’elle leur propose. Le passage de maman à professeur s’effectue naturellement, tout comme pour une maman qui fait les devoirs avec ses enfants. La clef, dit Aurélie, “c’est la confiance mutuelle et ça semble assez naturel ici“.

Quel futur pour les enfants de l’école buissonnière ?

Aurélie admet que l’école à la maison n’est pas parfaite, mais pour elle, le système scolaire non plus. Si la plupart des gens confrontent souvent l’idée de homeschooling à la peur, à l’échec, Aurélie s’est dit qu’il fallait faire confiance aux compétences de ses enfants.

Il reste toutefois des questions sans réponse quant au futur de cette aventure. Par exemple, les enfants retourneront-ils à l’école en secondaire ? N’auront-ils pas à ce moment-là des difficultés pour se réadapter au système scolaire ?

Pour l’heure, Aurélie estime que l’essentiel n’est pas là : « Nous avons envie d’avoir une vie extraordinaire, une vie dont nous sommes les propriétaires. Le homeschooling nous permet de redevenir acteurs de notre vie. »

Clotilde Peeters

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