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30
Déc
2016

#ParlonsJeunes : on a parlé football, racisme et politique avec Fabrizio Basano, membre émérite des Union Bhoys, la tribune antifasciste de l'Union Saint-Gilloise.

Visite du stade Joseph Marien, où le racisme n'a pas sa place.

#ParlonsJeunes : on a parlé football, racisme et politique avec Fabrizio Basano, membre émérite des Union Bhoys, la tribune antifasciste de l'Union Saint-Gilloise.

30 Déc
2016

Racisme et crampons : réplique à l’unisson

Jeudi 29 décembre, en matinée. On prend le métro, puis le tram, pour partir à la rencontre de Fabrizio, supporter de l’Union Saint-Gilloise et membre de la tribune antifasciste, les Union Bhoys. On a un peu de retard et il fait un froid plutôt pas chouette. Quand nous arrivons à destination, Fabrizio nous attend déjà devant le stade, mais il ne nous en veut pas. Enthousiaste, il commence par nous expliquer que le bâtiment est classé : sa façade Art Nouveau abrite le club depuis 1919, même si avant, elle était plus blanche que grise de saleté. On passe la barrière et on s’installe dans les tribunes pour l’interview. Le stade n’est pas super grand, mais il a un certain charme. Fabrizio nous dit qu’il va être rénové et qu’il sera bientôt beaucoup plus beau.

Pour commencer, on lui demande en quoi consiste un mouvement antifasciste parce que c’est pas super clair pour nous : en gros, c’est combattre le totalitarisme, pour aller vers une société plus égalitaire. “Chez nous, hors de question de laisser passer une insulte raciste, ce n’est tout simplement pas toléré.”

Si l’Union Saint-Gilloise est aussi engagée sur cette question, c’est pour plusieurs raisons : tout d’abord parce que Saint-Gilles est une commune historiquement marquée par l’immigration. Les Italiens, les Grecs, les Espagnols, les Portugais, les Polonais, les Brésiliens s’y sont succédé, débarquant à Bruxelles par la Gare du Midi. Certaines de ces personnes quittaient leur pays pour fuir des dictatures et étaient déjà politisées.

D’autre part, le football est un sport populaire, particulièrement suivi par les classes ouvrières qui dominaient alors Saint-Gilles. Il était donc logique que le club soit habité par un esprit plutôt de gauche. Ce n’est pourtant par la norme : beaucoup de groupes organisés de supporters flirtent avec l’extrême-droite, et Fabrizio nous souffle dans l’oreille : “le RWDM et ici, ce n’est pas la même ambiance.”

Un club, c’est un territoire mais c’est aussi une communauté“. Dans le football, les questions d’identité et d’appartenance sont très présentes, plus que dans n’importe quel autre sport. “On défend notre équipe, nos couleurs, notre stade” nous dit Fabrizio.

Au-delà du sport, le club s’occupe des plus jeunes, pas uniquement en les formant en tant que joueurs, mais aussi en tant que citoyens, en leur enseignant les valeurs du vivre ensemble et l’esprit d’équipe. En organisant des activités parascolaires comme une école des devoirs, l’Union fait passer l’apprentissage avant la compétition puisque même si le foot passionne les foules, peu de jeunes en font leur métier.

On comprend que si le football ne devrait pas être politique, il l’est. Parce qu’il est le reflet de notre société, parce que chaque supporter y met un peu de son âme pour faire du club sa maison et qu’il est aussi récupéré par des politiques qui s’en servent pour leur propre promo. Et puisque être antifasciste c’est combattre les oppressions sur tous les fronts, il n’y a pas de raison que la pelouse fasse exception.

Pour finir, on demande à Fabrizio s’il existe des chants unionistes. On se quitte tout sourire devant le stade de l’Union.

 

 

Léa, Anas, Alegria, Katiba
(Participants au projet Parlons jeunes, parlons clichés)

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