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Rescapés des attentats de Bruxelles
22
Mar
2016

Tatyana Rassos et Alice Vandenbroucke ont suivi des voyageurs évacués à la suite des deux explosions à l'aéroport.

Les rescapés attendent d'avoir plus d'informations dans le hall des sports de Zaventem. Photo : Tatyana Rassos et Alice Vandenbroucke

Tatyana Rassos et Alice Vandenbroucke ont suivi des voyageurs évacués à la suite des deux explosions à l'aéroport.

22 Mar
2016

Attentats de Bruxelles : une journée avec les rescapés de Zaventem

Mardi 22 mars. Cinq heures du matin environ. Le vol en provenance du Sénégal atterrit à l’aéroport de Zaventem. Moustafa fait partie des passagers. Alors qu’il dort pendant son escale, deux explosions retentissent dans le hall d’entrée. Le toit s’effondre, les vitres explosent. Muni de sa valise, Moustafa quitte l’aéroport mais ne sait pas quelle direction prendre. Il n’est pas encore 8 heures.

Le hall sportif de Zaventem comme refuge

Lors de l’évacuation, les rues du centre de Zaventem grouillent de monde. Les gens marchent sans savoir où aller. Certains attendent qu’un proche vienne les récupérer. D’autres décident de prendre un taxi : “Après 2h30 d’évacuation, ma journée est terminée. Je rentre à la maison, moi”, témoigne Maxime, un voyageur belge. Trouver un véhicule n’est pas de tout repos. Le réseau étant saturé, beaucoup n’arrivent pas à contacter les compagnies de taxi ou leurs proches. Des bus sont progressivement mis à disposition par la commune. Ils font la navette jusqu’au hall sportif du centre de Zaventem. Les évacués s’installent. Tout le monde se respecte et prend son mal en patience.

Un manque d’informations

Arrivés dans la salle de sport, les voyageurs donnent leurs coordonnées au personnel communal. De manière improvisée, ils inscrivent leur nom, prénom, date de naissance et pays d’origine sur une feuille blanche. En même temps, ils tentent de décrocher plus d’informations sur la suite des événements. En vain.

Le personnel, vêtu d’un chasuble jaune, n’a pas l’air d’en savoir davantage. Après trois heures d’évacuation, les rescapés sont enfin au chaud. La salle est bondée. L’odeur du café envahit la pièce. Les habitants de la commune se mobilisent pour apporter de la nourriture.

“Cinq minutes avant l’explosion, mes parents étaient en train d’attendre pour embarquer”

Au fur et à mesure de la journée, des proches viennent chercher leurs proches au centre sportif. C’est le cas de Samuel, un Espagnol qui travaille en Belgique et dont la famille était venue lui rendre visite : “Cinq minutes avant l’explosion, mes parents étaient en train d’attendre pour embarquer dans l’avion. Pendant une heure, ils n’étaient au courant de rien. J’ai vraiment eu peur car le réseau téléphonique était saturé. C’était impossible de les contacter. Après, on les a emmenés ici. Ils attendent la réouverture de l’aéroport. ”

Sur les gradins, un couple attend d’en savoir plus. Ils étaient tous les deux dans le même vol que Moustafa. “A cette heure-ci, on devrait déjà être à Toulouse, commentent-ils. Ici, on attend, on ne sait même pas quoi. Rien n’est communiqué. On ne peut que patienter.” Sans contact à Bruxelles, ce couple se retrouve comme beaucoup d’autres : dans une impasse. Ils devront y passer la nuit, si ce n’est deux, selon les autorités de l’aéroport. Face au manque d’informations, les voyageurs cloîtrés dans le gymnase sont de plus en plus tendus et perdent lentement leur sang froid.

150 lits mis à disposition

Pour les personnes sans famille en Belgique, certaines compagnies aériennes prennent en charge leurs passagers pour les amener à l’hôtel. “Brussels Airlines fait parvenir des cars et conduit ses clients dans des hôtels à Anvers”, indique Bart Dewandeleer, échevin des Finances de Zaventem. Il ajoute que “les autorités de Zaventem prévoient de mettre à disposition 150 lits pour les personnes qui n’ont pas d’autres choix que de rester dans la salle de sport”.

Par manque de communication, Samuel, le jeune hispanique, pensait que l’aéroport rouvrirait ses portes mercredi matin à 6 heures. Pourtant, mardi vers 18 heures, Arnaud Feist, le CEO de Brussels Airport, et Lodewijk De Witte, le gouverneur du Brabant flamand, ont confirmé sa fermeture jusqu’à jeudi.

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