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Débat du Bruxitizen dans le cadre du Festival des Libertés
31
Oct
2016

Le Festival des Libertés a accueilli le forum "Etats d'urgences identitaires", co-organisé dans le cadre de la 5ème édition du BruXitizen.

Le public était amené à réagir après les différentes interventions des jeunes participants au Médialab du BruXitizen.

Le Festival des Libertés a accueilli le forum "Etats d'urgences identitaires", co-organisé dans le cadre de la 5ème édition du BruXitizen.

31 Oct
2016

DEBAT. “On demande aux jeunes de se conformer à une identité pour s’intégrer à la société”

Le Festival des Libertés a accueilli, mercredi 26 octobre au Théâtre national de Bruxelles, un forum sur le thème “Etats d’urgence identitaires”. Le débat était articulé autour de productions médiatiques réalisées par les jeunes du Médialab de BruXitizen, au cœur du quartier de Cureghem à Anderlecht. Muriel Sacco (doctorante, experte des politiques publiques et de la mobilisation des acteurs privés dans les projets de développement urbain), Vital Marage (chargé de projet « relations interculturelles et accueil primo-arrivants » de la commune d’Anderlecht) et Jacinthe Mazzocchetti (anthropologue, experte des migrations et des constructions identitaires en contexte de mondialisation) étaient présents pour apporter leur expertise. Le public présent était, quant à lui, amené à réagir. Le tout modéré par Aude Garelly, consultante en politiques sociales et ancienne directrice de l’Agence Alter.

Ecouter le forum “États d’urgences identitaires” en intégralité

L’étiquette identitaire : entre frustration et renoncement

Le premier sujet abordé a été lancé par le travail des étudiants de l’Université de Saint-Louis avec une capsule sonore illustrant la vision que les jeunes de Cureghem se font de leur quartier. “Dans notre quartier, on ne voit pas de grandes progressions. Que ce soit au niveau sportif, culturel ou au niveau des infrastructures, il n’y a pas grand-chose. On nous a fermé des portes, des terrains de foot ont été fermés. Au niveau social également, le taux de chômage n’a fait qu’augmenter, les inégalités sociales continuent et c’est pour cette raison qu’il n’y a plus de conscience politique”, confie l’un d’entre eux lors du premier débat de BruXitizen, organisé le 12 octobre.

La déconsidération de ce quartier d’Anderlecht aurait un impact sur les jeunes d’un point de vue professionnel et social. “L’identité les préoccupe tout le temps parce qu’ils sont confrontés en permanence à cette question. Dès qu’ils sortent du quartier, pour aller dans un service administratif ou déposer un CV, on leur renvoie au visage. Il faut travailler avec les jeunes au quotidien pour le voir “, analyse Alexia, une éducatrice d’Anderlecht.

Avec plus de 110 nationalités au sein de son quartier, l’identité cureghemoise renvoie à la société des thématiques actuelles qui font débat, comme celle de l’immigration, de la précarité et de l’insécurité. “En Belgique, on accorde beaucoup d’importance à l’identité, notamment en politique. On demande de se conformer à une identité pour s’intégrer à la société… sauf qu’il arrivent ici avec un bagage culturel. Eux doivent s’intégrer à la société mais la société ne les accepte pas comme ils sont”, déclare Alexandre, étudiant à l’ISFSC.

« La ghettoïsation peut être un refuge »

Le contexte actuel en Syrie a mené les populations civiles et nomades du Moyen-Orient vers la Belgique. Ces derniers mois, les Cureghemois ont vu arriver plusieurs centaines de migrants dans leurs rues et notamment au parc de la Rosée. Fréquenté le soir par plusieurs centaines de doms de Syrie – une population nomade du Moyen-Orient –, les locaux ont fait savoir leur mécontentement, avec des commentaires parfois désobligeants voire racistes, tels que « Gitans de Syrie » « pas propres » « irrespectueux », “s’ils étaient de vrais Syriens, ils seraient restés chez eux”…

Pour comprendre un tel rejet de certains Cureghemois, l’anthropologue Jacinthe Mazzocchetti donne quelques clés de lecture : « Les identités sont reliées aux origines mais également au quartier. La ghettoïsation peut être un refuge. Cohabiter dans un même espace peut donc être difficile quand on associe identité et quartier. »

Avec ces multiples travaux en cours de réalisation, le Médialab de BruXitizen met en relief la pluralité des identités qui composent Cureghem et révèle une jeunesse pleine de revendications et de contradictions. Les productions finales seront publiées le 30 novembre 2016 sur le site de BruXitizen et deux d’entre elles seront diffusés sur le Bruxelles Bondy Blog.

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