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05
Mar
2017

Accéder aux études peut être un vrai parcours du combattant quand on est jeune et en situation précaire. À Bruxelles, les demandes d'aides au CPAS ne cessent d'augmenter.

En 2006, 7239 étudiants bénéficiaient du Revenu d'Intégration Social (RIS). Onze ans plus tard, ils seraient désormais plus de 14.860. Un chiffre alarmant.

Accéder aux études peut être un vrai parcours du combattant quand on est jeune et en situation précaire. À Bruxelles, les demandes d'aides au CPAS ne cessent d'augmenter.

05 Mar
2017

Etudier, à quel prix ?

Aujourd’hui, de plus en plus d’étudiants n’arrivent plus à assumer le coût de leurs études, et ce, même avec l’aide de leur entourage. Il est donc devenu difficile pour certains d’envisager l’idée même d’entreprendre des études. Pour d’autres, cet accès au supérieur est réalisable grâce aux différentes aides dont peuvent bénéficier les futurs étudiants. Mais malgré cela, certains dossiers n’aboutissent pas à un soutien financer car les organismes, comme les CPAS, croulent sous les demandes. Et la situation est devenue d’année en année problématique.

Une saturation des CPAS

En l’espace de seulement dix ans, le nombre d’étudiants demandant de l’aide au CPAS a augmenté de 125% en Wallonie et de plus de 200% à Bruxelles. L’accès aux études supérieures pour certains étudiants est donc compromis car les différents CPAS du pays ne peuvent répondre à toutes les demandes. Maxime Mori, président de la Fédération des étudiants francophones (FEF)nous donne plus de détails.

L’aide allouée aux différents CPAS ne serait donc pas adaptée à cette effarante augmentation des demandes. Or, selon le président de la FEF, l’enseignement et l’accès à l’éducation doivent pourtant être perçus comme une priorité, en tant qu’investissement sur l’avenir.

Être jeune et en situation de précarité ? Rebecca et Romain témoignent.

Rebecca est étudiante en animation socio-culturelle et éducation permanente à l’IHECS. Après un parcours du combattant en première année, elle bénéficie aujourd’hui de l’aide du CPAS. Entre ses études, son rôle de déléguée, son job étudiant, et l’asbl qu’elle a créée, elle nous fait part de son expérience et des difficultés croisées sur son chemin.

Nous avons listé ci-dessous avec Rebecca les différentes dépenses qu’elle arrive à couvrir grâce aux aides qu’elle reçoit chaque mois.

D’après Maxime Mori, une année d’étude, comprenant les frais indirects (le matériel, livres, etc.), coûte en moyenne 10.000 euros par an. Un budget très lourd à assumer pour des jeunes en situation de précarité qui ne seraient pas aidés. La dépense la plus onéreuse est de loin le loyer, d’autant plus à Bruxelles, où le nombre de logements étudiants est largement insuffisant. De plus, la plupart des locations demandent une caution à l’entrée que certains ne peuvent se permettre.

Tout comme Rebecca, certains jeunes tentent tout d’abord de se débrouiller par eux-mêmes, en combinant les études et différents jobs étudiants. Un choix qui peut fortement compromettre leurs chances de réussite scolaire. Mais dans beaucoup de cas, demander de l’aide n’est pas si simple. Après avoir décidé de se gérer de façon autonome, Romain, élève en secondaire, nous confie qu’il ne sait pas encore comment appréhender sa future vie d’étudiant.

Tous les étudiants ne sont donc pas égaux face aux études supérieures. Si certains ont la chance de pouvoir se focaliser sur la réussite de leurs études, d’autres doivent à tout prix trouver le moyen de joindre les deux bouts pour continuer à étudier. Bien que des aides existent pour ces jeunes en situation de précarité, les organismes qui traitent les dossiers sont débordés. Et pour garantir un accès aux études à tous, l’État va devoir trouver des solutions, pour que la situation ne soit pas dans quelques années devenue totalement ingérable.

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