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25
Nov
2015

Les écoles bruxelloises ont vécu au rythme des recommandations de la cellule antiterroriste et du gouvernement.

Les écoles bruxelloises ont vécu au rythme des recommandations de la cellule antiterroriste et du gouvernement.

25 Nov
2015

Fermeture des universités : les rouages d’une décision historique

À phénomène exceptionnel, mesures proportionnelles. Sur le qui-vive depuis l’alerte maximale déclenchée samedi, la capitale belge a littéralement fermé boutique pendant deux jours, une première européenne. Comme sortie d’hibernation, la vie pointe timidement le bout de son nez depuis ce matin. Les crissements du métro et les klaxons des bus ont repris leur symphonie machinale, les stores métalliques des commerces ont laissé place aux vitrines lumineuses léchées par les clients. Surtout, 35 000 élèves et étudiants ont réinvesti les 160 établissements bruxellois malgré le maintien du dispositif au niveau 4 et les 500 policiers et militaires affectés pour leur protection. Communication incohérente pour certains, nécessaire retour à la vie normale pour d’autres, la décision fait débat. Mais comment une telle mesure est-elle décidée au plus haut niveau ?

Le cabinet Marcourt chapeaute l’organisation

En haut de l’entonnoir, l’Organe de coordination pour l’analyse de la menace (OCAM). Depuis le 1er décembre 2006, l’organisme a pris la relève du Groupe interforces antiterroristes (GIA) et veille à l’évaluation des menaces terroristes et extrémistes à l’encontre de la Belgique. Si son avis n’est qu’incitatif, sa voix pèse néanmoins un poids considérable dans les décisions prises au niveau politique.

Les avis délivrés par l’OCAM, qui mesure le danger en niveaux (sur une échelle de 1 à 4, 4 étant le niveau maximum) sont alors débattus par le gouvernement, de concert avec les autorités d’intervention.

Samedi, c’est le cabinet du ministre de l’Économie et de l’Enseignement supérieur, Jean-Claude Marcourt, qui a contacté les directeurs d’établissements pour les informer du cheminement à suivre. « Dès samedi, nous nous sommes réunis avec mes collègues directeurs de catégorie ainsi que le Collège de direction de la Haute École”, explique John Van Tiggelen, directeur président de la Haute-Ecole Galilée, “ma consœur directrice, le recteur de l’ULB, celui de l’Université de Saint-Louis étions en communication permanente. »

Chômage technique indispensable

Dimanche soir, sur les coups de 19h, le couperet tombe. « Nous étions dans l’expectative et échangions par SMS avec les autres administrateurs”, commente Luc de Meyer, directeur de l’IHECS, “Nous avons reçu l’ordre de ne pas ouvrir nos portes le lundi 23 novembre. »

Jamais un tel dispositif n’avait été engagé dans le plat pays. Le temps urge, la résolution n’est pas indéfinie, surtout quand les rumeurs présagent d’une réouverture des établissements dès mercredi. Alors que les médias évoquent une série d’interpellations en cours, il faut rassurer les foules. « J’ai donné comme consignes aux autorités de la Haute-Ecole de répondre à tous les mails ou appels concernant la sécurité des élèves”, continue John Van Tiggelen. “Les sociétés de vigiles ont été contactées en urgence et les personnels briefés. »

Lundi soir, la fermeture est finalement prolongée d’une journée. La Fédération de l’Enseignement supérieur catholique (FédESuC), qui assistait en direct aux dernières recommandations du chef de cabinet du ministre Marcourt et des représentants de l’OCAM lors d’une réunion organisée le mardi à 11h30, relayait les informations.

Un chômage technique rallongé, mais indispensable à la mise en place des nouvelles dispositions. « Des contrats avec les sociétés de protection ont été signés jusqu’à Noël », précise Luc De Meyer qui espère que la pédagogie pâtira pas, à l’avenir, de ces coûts supplémentaires.

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