02
Fév
2016

Petit récapitulatif temporel des premières suspicions de dopage mécanique.

Femke Van Den Driessche lors du Cyclo-Cross European Championships en novembre 2015. Photo : (CC BY-NC-SA 2.0)

Petit récapitulatif temporel des premières suspicions de dopage mécanique.

02 Fév
2016

Le cyclisme et le dopage, une grande histoire d’amour ?

Après la saga du moteur caché dans le vélo de la jeune Belge Femke Van Den Driessche, le cyclisme entre dans une nouvelle ère du dopage. Cela fait déjà plusieurs années qu’on le prévoyait, qu’on le soupçonnait, qu’on se l’imaginait… sans jamais démontrer son existence. Aujourd’hui, le dopage mécanique fait officiellement son apparition dans le cyclisme. La nouvelle a fait la une de tous les médias sportifs ce dimanche, mais ce n’est pas une grande surprise pour les spécialistes.

La surprise réside plutôt dans le fait que ce soit la jeune espoir belge de 19 ans, Femke Van Den Driessche, qui ait été prise en premier lieu alors qu’elle n’est qu’amateur. Il est difficile de croire que personne n’ait tenté d’utiliser un tel dispositif dans le circuit professionnel. Si les anciens tels qu’Eddy Merckx préfèrent parler d’un cas isolé, et laisser la jeune Alostoise en pâture, la question d’un procédé utilisé à plus grande échelle n’en est pas moins pertinente.

La question d’un moteur dissimulé dans le cadre d’un vélo n’est pas nouvelle. Voici un petit récapitulatif des moments les plus douteux du dopage mécanique.

Mais (heureusement) le cyclisme est un sport ou la présomption d’innocence s’applique sûrement plus qu’ailleurs. Prenez la saga Lance Armstrong pour preuve. Pendant dix ans, le Texan survolait les routes du Tour de France. À tel point que la « fusée » arrivait à déposer des cyclistes déjà convaincus de dopage. Seules les preuves suffisent à condamner un coureur.

Ce scandale de trop, allait au moins avoir le mérite de secouer le monde du vélo. Aujourd’hui, alors que chaque victoire est accompagnée de son lot de soupçons (voire d’accusations), la jeune génération cherche à tout prix à redorer le blason de la petite reine. Une génération qui ne peut être qu’impuissante face au nouveau coup porté par Van Den Driessche à la communauté. A-t-elle été influencée ? Était-ce bien son vélo ? L’enquête répondra à ces questions, impliquant à nouveau la sulfureuse famille Van Den Driessche.

Le cyclisme pourra t-il se remettre de ce nouveau coup de massue ?

La réponse est oui. D’ailleurs, on pourrait se demander si, à l’inverse, ce sport pourrait survivre aussi bien sans tous les scandales qui entretiennent son mythe. Le cyclisme et le dopage sont une sorte de course-poursuite interminable dont la tricherie sortira toujours gagnante, dans un premier temps du moins.

Mais attention à ne pas se méprendre, si ce sport est souvent entaché par les affaires de dopage, c’est parce que ses instances sont des plus sévères en la matière. En effet, si l’UCI a pu se montrer un peu trop laxiste concernant le dopage mécanique, cette prise montre que les contrôles fonctionnent.

Ce qui n’est peut-être pas assez contrôlé – et l’affaire de ce week-end le montre – c’est la manière dont les coupables sont jetés en pâture à la presse, comme l’illustre la sortie du « cobra » Riccardo Ricco lors du tour de France 2008.

Ce lynchage médiatique est-il nécessaire ? En tennis, à l’inverse, beaucoup d’observateurs soupçonnent des suspensions « dissimulées » par les autorités sous formes de retraites ou de pauses carrières. Un stratagème moins transparent, mais qui – si il était avéré – permettrait aux athlètes « sales » de purger leur peine sans tout l’abattage médiatique qui l’accompagne. Une bonne idée d’un certain point de vue, mais certainement pas assez transparente vis-à-vis du public.

Entre transparence et abandon total de la profession, il est peut-être possible de trouver un juste milieu. Quoi qu’il en soit, on ne peut pas reprocher à l’UCI de tenter de rendre le cyclisme propre mécaniquement comme physiquement.

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