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Entrée du tunnel Stéphanie avec un affichage "fermé"
10
Fév
2016

Comme d'autres à Bruxelles, le tunnel Stéphanie est en mauvais état. A bout de souffle, il lance un appel aux changements de nos habitudes en termes de mobilité.

"Plus personne ne passe maintenant, l’habituel bruit des moteurs et des klaxons a fait place au silence." Photo : Stanw.be (CC BY-SA 2.0)

Comme d'autres à Bruxelles, le tunnel Stéphanie est en mauvais état. A bout de souffle, il lance un appel aux changements de nos habitudes en termes de mobilité.

10 Fév
2016

BILLET. SOS d’un tunnel en détresse

Pauvre de nous, tunnels de la ville de Bruxelles… Nous sommes en bien mauvais état, après tant d’années de bons et loyaux services. Bout après bout, nous nous effondrons. Ah ! Qu’il est loin le temps où nous faisions le prestige de la capitale, nous et nos amis les autoroutes urbaines et les viaducs. Qu’elle était belle l’époque du véhicule roi. Je me souviens encore de mon inauguration en 1957, ainsi que de celle de mes amis Rogier, Louise et Botanique. On m’avait attribué le nom de Stéphanie et je devais à l’époque aider à une circulation plus fluide. Eh oui, Bruxelles était déjà la reine des embouteillages. En fait, la Belgique était un des pays d’Europe avec le plus de voitures par habitant (1 véhicule pour 16 habitants) et les infrastructures ne suffisaient plus. À l’approche de l’exposition 58 de nombreuses zones de la ville ont été réaménagées. C’était le « tout à l’automobile » qui régnait dans le pays.

Mais voilà, 60 ans après, les voitures sont toujours plus nombreuses et personne ne semble faire attention à notre bien-être. Chaque jour, ce sont plus ou moins 527.000 véhicules qui me traversent. Personne n’aime perdre son temps. Or, en 2015, les gens ont patienté 51 heures en moyenne dans les embouteillages. Enfin, ça c’était avant…Plus personne ne passe maintenant,  l’habituel bruit des moteurs et des klaxons a fait place au silence. J’ai des fissures, des infiltrations. Je me sens abandonné.

“Bruxelles n’a plus besoin de nous”

Je ne suis pas le seul en mauvais état. Mon ami Léopold est aussi en attente de rénovation. Le petit Saint-Lazare se fait également maltraiter, un gros camion lui a arraché un morceau, il l’a senti tomber sans rien pouvoir faire. Enfin, on a au moins le mérite d’exister. Que dire du RER, le misérable, qui ne sait pas encore ce que c’est de se sentir entier et qui attend avec une patience d’acier que son heure vienne.

Les disputes politiques que nous causons semblent sans fin. Les rouges, les bleus, les oranges et les verts débattent et se battent, les entités du pays se rejettent la faute les unes sur les autres. Certains prétendent carrément être surpris de notre état. Ils veulent nous rénover, mais à quoi bon ? Nous ne sommes plus ce que nous étions. Bruxelles n’a plus besoin de nous.

Sans doute ont-ils raison ceux qui disent que nous sommes la cause des problèmes de mobilité. Nous créons les embouteillages, les coûts qui en découlent, la pollution. Nous sommes nés dans une époque de nouveauté en termes de mobilité, nous mourrons par la création de nouvelles habitudes. Pas la peine de perdre votre argent à nous restaurer. Allez-y, fermez-nous ! Peut-être est-il temps d’oublier le “tout à l’automobile”, de passer au “tout aux transports en commun”, au “tout aux vélos” et au “tout aux piétons”. Il est grand temps de changer vos habitudes. Oubliez-nous !

 

Ligne du temps de la mobilité à Bruxelles depuis les années 50

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