Robert Colard

Robert Colard
La vie d’un jeune homme est souvent malmenée par un challenge pourtant hurlant de simplicité mais régulièrement lourd de conséquences : séduire pour la première fois belle-maman et se présenter à beau-papa. Evidemment la fréquence de cette épreuve est intimement liée à votre tempérament enjôleur ou, pour d’autres, à votre amorphisme amoureux. Se pointer à Noël sans cadeaux, leur dire qu’on est bambocheur, footballiste et Carolorégien pur jus ? Peu sexy et peu recommandable. Faire profil bas et mentir à son propos ? Oui pourquoi pas. Mais la vérité risque de renaitre de ses cendres tel le Phénix de la Honte, et les beaux-parents lésés, désabusés, ne vous permettront plus de franchir ni le perron familial ni, peut-être et voilà le pire, celui de votre compagne de route. Nul besoin de forcer sur les passions comme l'écriture, le football, la musique underground, les sous-cultures britanniques : ils s’en foutent. Il faudra alors faire face et avouer, lors d’un apéro propice à l’angoisse et aux regards suspicieux de deux vieilles personnes méfiantes, ses penchants espiègles. Oseriez-vous leur dire dans le blanc des yeux que vous êtes limite étourneau, lève-tard et procrastinateur invétéré ? Je l’ai fait. Et ça s’est mal passé. Heureusement que ma mère est là depuis 24 ans pour me rappeler les millions, que dis-je, la quantité insondable, incommensurable de qualités qui me caractérisent. Je ne dispose malheureusement que de 800 signes.