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05
Oct
2017

Le réalisateur belge Simon Gillard dépeint avec réalisme et esthétisme le passage vers l’âge adulte. Critique du film.

Image extraite du documentaire "Boli Bana", de Simon Gillard.

Le réalisateur belge Simon Gillard dépeint avec réalisme et esthétisme le passage vers l’âge adulte. Critique du film.

05 Oct
2017

« Boli Bana », l’enfance peuhle au cœur de la brousse

« Notre monde est né d’une goutte de lait ». Telle est la citation, inspirée d’une croyance peuhle, qui lance le début du film. Un troupeau de vaches, des arbres, le bourdonnement des abeilles, le son des percussions. On se trouve en pleine brousse, dans le village de Boli Bana, au Burkina Faso. Pour Ama, jeune garçon d’une dizaine d’années, le temps est venu de se faire circoncire. Bien que douloureux, il s’agit d’un passage obligatoire vers l’âge adulte. Ses journées, il les passe avec ses trois amis, Hassan, Lela et Oussemi. Ensemble, ils veillent au troupeau, traient les vaches, apprennent le Coran, font du feu. A la tombée de la nuit, ils discutent, rient de tout et n’importe et quoi, fabriquent de la poudre magique pour attirer la pluie.

Aissita, de son côté, est une fille. Si l’apprentissage du Coran lui est également indispensable, son rôle dans le village est différent. Elle reste auprès des femmes, s’occupe de la lessive, de la vaisselle. Elle part au marché, vend du lait caillé dans le village d’à côté. Tradition oblige, les femmes lui scarifient le visage de marques ensuite recouvertes de poudre noire. Un signe de beauté chez les peuhls.

Deux histoires en parallèles, racontées avec délicatesse.

Des yeux de photographe pour « observer »

Dans ce documentaire, le jeune réalisateur belge Simon Gillard suit le quotidien et la vie nomade de jeunes adolescents au bord de l’âge adulte. L’homme, la femme, tous deux tiennent leur rôle et se complètent. Loin de tout matérialisme, le village vit de ses récoltes, de la simplicité de ses habitants et de ses rites initiatiques. La nature est abondante. Les personnes sont attachantes. On en oublierait presque la temporalité du récit.

Il faut dire que l’esthétisme est à son paroxysme. Parfois trop, ce qui tend à rappeler la présence du cinéaste derrière cette immersion complète dans la brousse africaine. Photographe de formation, Simon pose sa caméra, observe et prend le temps. Il capture les instants, les regards et suit les mouvements avec grâce et élégance. A travers son optique, la nature regorge doublement de beauté. Le jeu de sons n’est pas oublié non plus. Le souffle du vent, le craquement des braises, le lait qui coule, le cri de la souffrance, les silences. Rien n’est laissé au hasard. Sans prendre l’avion, ce film permet au spectateur de voyager. Un voyage au cœur d’un monde empli de sincérité et de mysticité, mais bien loin de la réalité de nos contrées.

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