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Trump, campagne électorale
29
Fév
2016

Explication des principales différences entre les campagnes politiques belges et américaines.

Donald Trump arrive en rock star lors d'une campagne électorale Photo: Michael Hogan (CC BY-NC-SA 2.0)

Explication des principales différences entre les campagnes politiques belges et américaines.

29 Fév
2016

Campagnes électorales belges et américaines : entre mesure et démesure

Des larmes de joie, des dépenses exorbitantes et des milliers de kilomètres parcourus : depuis plusieurs mois déjà, les campagnes des candidats pour la présidentielle américaine font parler d’elles dans le monde entier. Un engouement national et international qui peut paraître démesuré face aux campagnes politiques belges.

Star ou homme politique ?

On ne vote pas de la même façon aux Etats-Unis qu’en Belgique. « Aux Etats-Unis, il n’y a qu’une seule élection de cette envergure. Les campagnes se concentrent donc plus sur une personne en particulier et moins sur les partis », explique Pascal Delwit, professeur de sciences politiques à l’ULB. Les campagnes américaines mettent l’accent sur la personnalité et le charisme d’un candidat.

Chez les Belges, l’électorat vote plus souvent pour le programme général d’un parti. Ainsi, la manière dont le Premier ministre est perçu en Belgique n’est pas du tout semblable à la manière dont on perçoit le Président aux Etats-Unis. Un président américain, ou même un candidat, est parfois vu comme une véritable star. Les discours de Barack Obama peuvent rassembler des milliers de personnes, à l’image de la famille royale au Royaume-Uni.

Barack Obama lors de la campagne de 2012

Barack Obama lors de la campagne de 2012
Emily Mills CC BY-NC-ND 2.0

Une vidéo, devenue virulente sur Internet, montre une petite fille de neuf ans pleurer de joie lorsqu’elle apprend qu’elle va rencontrer Donald Trump, candidat républicain à la présidentielle de 2016.

 

Mise en scène pour faire le buzz ou réelle émotion, cet exemple illustre le phénomène de personnalisation des candidats dans les campagnes américaines. En Belgique, il semble peu probable que Charles Michel déclenche un mouvement de foule en apparaissant dans une école.

Charles Michel à une réunion publique des militants libéraux

Charles Michel lors d’une réunion publique des militants libéraux
Vincent De Wolf (CC BY-NC-ND 2.0)

Une vie pas si privée

Nous connaissons tous le nom et le visage de Michelle Obama, la « first lady » des Etats-Unis. La compagne et les enfants de Charles Michel, eux, restent assez peu connus du grand public en Belgique. De l’autre côté de l’Atlantique, la femme et les enfants de l’aspirant président sont mis en scène, présents aux meetings et font partie intégrante de la campagne.

Mitt Romney et sa famille

Mitt Romney et sa famille. / Talk Radio News Service CC BY-NC-SA 2.0

Au même titre que le candidat, sa famille sera scrutée, devenant parfois une arme contre lui dans les publicités politiques négatives. Cette réalité est d’autant plus difficile pour Hillary Clinton, dont le célèbre mari est souvent utilisé contre elle, notamment par Donald Trump.

Tweet Trump

“J’espère que Bill Clinton commence à parler des problématiques des femmes afin que les électeurs puissent voir quel hypocrite il est et comment Hillary abuse d’elles !”

La famille peut également être un atout. Par exemple, la beauté et la grâce de Jacqueline Kennedy ont été mises en avant lors de la campagne de son mari John. Une infidélité de la part d’un président (ou candidat) aura souvent un impact négatif sur sa popularité, comme l’illustre l’affaire Lewinsky en 1998.

En Belgique, la vie privée du Premier ministre aura peu d’impact sur son mandat, la différenciation entre personnage politique et privé étant plus importante dans le pays. Si aujourd’hui l’élection d’un président américain gay semble encore lointaine, en Belgique, l’orientation sexuelle d’Elio Di Rupo ne l’a pas empêché d’être Premier ministre.

Financement (il)limité

Aux Etats-Unis, on ne regarde pas à la dépense quand il s’agit d’élections. Depuis un arrêt de la Cour suprême en 2010, le financement des campagnes présidentielles américaines par les entreprises est illimité. Certaines campagnes ont ainsi récolté des sommes qui peuvent paraître exorbitantes, comme par exemple lors de l’élection présidentielle de 2012. Les campagnes de Barack Obama et Mitt Romney avaient chacune coûté près d’un milliard de dollars.

Barack Obama et de l'argent

 

Comme l’explique Nicolas Baygert, professeur à l’IHECS, politique et finance sont fortement liées aux Etats-Unis, où il n’est pas rare de voir des personnes du monde financier devenir ministre, et vice versa. C’est le système des revolving doors, on passe d’un côté à l’autre, les deux mondes se confondant parfois. « Si on n’est pas soutenu financièrement, on n’existe pas médiatiquement. Pour un petit candidat, il sera très difficile d’aller loin sans aide. » Aujourd’hui, ce microcosme est très critiqué par les candidats, y compris par Donald Trump, qui n’est pourtant pas concerné par le problème. C’est devenu un argument de campagne.

La Belgique est bien loin de tous ces excès. Depuis la loi de 1989, les campagnes sont fortement réglementées et chaque parti dispose d’un montant limite. Un parti politique peut ainsi dépenser au maximum un million d’euros d’argent public pour sa campagne s’il participe à plusieurs élections (le Parlement wallon, le Parlement flamand, le Parlement bruxellois et le Parlement de la Communauté germanophone). Le montant accordé à chaque parti est calculé en fonction de ses résultats aux élections passées. Ses restrictions visent à assurer une certaine égalité des chances entre les différents partis et surtout à éviter de rencontrer les mêmes problèmes qu’aux Etats-Unis.

La course aux votes américaine

Les campagnes belges et américaines sont aussi d’ampleurs différentes, que ce soit au niveau géographique ou de la durée. Aux Etats-Unis, c’est une véritable course aux votes qui s’engage. Le candidat à la présidentielle fait le tour de tous les Etats, organisant discours et meetings pour répondre aux questions des électeurs. Le premier processus, lors duquel les deux partis principaux (Démocrates et Républicains) choisissent leurs candidats débute en février et peut prendre jusqu’à cinq mois. Les campagnes continuent ensuite jusqu’à l’élection générale, qui a lieu en novembre seulement. Il n’y a pourtant aucune règle stipulant la date à laquelle un candidat peut commencer sa campagne. Ted Cruz a par exemple annoncé sa candidature en mars 2015, c’est-à-dire près de vingt mois avant l’élection présidentielle.

Ted Cruz

 

En Belgique, les campagnes ne commencent que trois mois avant les élections.  Elles sont également différentes géographiquement parlant. Le pays est divisé en onze circonscriptions électorales, correspondant aux dix provinces, plus Bruxelles.

carte-circonscription-belgique

Les candidats des différents partis font alors campagne dans leur circonscription. Chaque parti possède plusieurs candidats par circonscription. Par exemple, Jan Jambon a effectué sa campagne dans la province d’Anvers. Puisque c’est dans cette circonspection qu’il est élu, il n’aurait eu aucun intérêt à la faire dans le Brabant flamand. Ce système, encourageant les clivages politiques pour certains, est assez critiqué. « C’est pourquoi plusieurs mouvements proposent l’instauration d’une circonscription fédérale », indique Marc Sinnaeve, professeur à l’IHECS. Les électeurs wallons pourraient aussi voter pour des politiciens flamands, et inversement.

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2 Responses to “Campagnes électorales belges et américaines : entre mesure et démesure”

  1. ascendant@free.fr' pastrump dit :

    Pourquoi est-ce que Donald Trump me fait systématiquement penser à un cochon avec de la paille sur la tête ? Il lui manque simplement le persil dans les narines et le tour est joué !

  2. firekans@gmail.com' Orphan dit :

    Comparaison ridicule. Sans parler de la taille, on n’a pas même pas le même système politique et de loin ! On ne peut même pas voter pour le premier ministre, ce sont les QG des partis politiques qui ont tous les pouvoirs ici.
    Le seul choix qu’on a c’est de voter pour un certain parti politique et basta. Qui est en haut de la liste, tout ça c’est antidémocratique, on a rien à dire.

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