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Un croque-mort s'appuie sur un cercueil, devant un crucifix et au milieu de fleurs multicolores.
10
Avr
2015

Découvrez notre série “métiers insolites” : #5 Le croque-mort ordinaire

Il est primordial d’être habillé impeccablement pour exercer le métier de « croque-mort ».

Découvrez notre série “métiers insolites” : #5 Le croque-mort ordinaire

10 Avr
2015

MÉTIERS INSOLITES. « Croque-mort », halte aux idées reçues

Croque-mort, thanatopracteur, conseiller funéraire : différents mots pour décrire une profession hors du commun. Au-delà de la mort et de la tristesse se cache un véritable besoin de se sentir utile en aidant les familles en deuil. Et le moins que l’on puisse dire c’est que Maurizio est passionné par son métier.

Il le revendique, le métier de « croque-mort » n’est pas du tout tel qu’on l’imagine. En réalité, le travail avec le défunt ne dure qu’une quinzaine de minutes. Il faut aller le chercher sur le lieu du décès, le laver, l’habiller et le maquiller si nécessaire. Ensuite, il faut faire la mise en bière ; c’est-à-dire placer le corps dans le cercueil.

Après ces étapes, le conseiller funéraire aide la famille tant dans ses démarches administratives que sur le plan psychologique. L’aide aux personnes occupe une place primordiale dans la profession de croque-mort. C’est principalement ce qui a motivé sa reconversion dans les pompes funèbres. Cela demande une grande part d’empathie afin de comprendre l’émotion des personnes en deuil et de les épauler. De plus, les familles se sentent rassurées en voyant que quelqu’un ose toucher leur être cher. Durant une semaine, il faut être tout le temps présent pour elles.

Journée typique

Lors de chaque intervention, Maurizio est accompagné d’un collègue. Comme ils travaillent en duo, il est important de bien connaître l’autre afin de savoir qui fait quoi.

Leurs horaires sont un peu particuliers car ils sont de garde une semaine par mois. Pendant cette semaine, ils sont appelables 24 heures sur 24. Ils doivent donc être capables de ne pas dormir pendant plusieurs nuits. Le reste du temps, ils travaillent de 8 heures à 16 heures.

De la place pour les émotions

Il est important de souligner que ce n’est pas parce que la mort fait partie de son quotidien que Maurizio y est insensible. Son expérience dans le métier ne l’empêche pas de craquer dans certaines circonstances. Il est parfois touché par ce que vivent les familles, surtout lorsque cela concerne des jeunes. Mais en rentrant chez lui, il doit savoir « faire le vide », car il ne veut pas que son emploi interfère dans sa vie de famille.

Si “faire le vide” est la clé du métier, il faut aussi pouvoir prendre les choses avec un peu de légèreté. Par exemple, entre collègues, ils ne parlent jamais de la mort. Ils préfèrent discuter de ce qu’ils ont fait le week-end. Cependant, bien qu’il y soit confronté quotidiennement, il y a une chose à laquelle Maurizio ne s’habitue pas : l’odeur de la mort.

Pas d’école de croque-mort

Si le métier peut paraître pénible et complexe, il est étonnant de constater qu’il n’y a pas de cursus pour devenir « croque-mort ». L’expérience s’acquiert uniquement sur le terrain. Il n’y a pas non plus de psychologues pour les accompagner lorsqu’ils sont confrontés à des scènes ou des moments choquants.

D’après Maurizio, « soit tu es capable, soit tu retournes chez toi ». Parfois, les corps sont tellement abîmés (décès lors d’un incendie par exemple) qu’il préfère se dire que ce n’est pas la réalité, que ça n’arrive que dans les films. Ça lui permet de prendre du recul face à des événements difficiles.

Maturité professionnelle

Selon lui, « croque-mort », ce n’est pas le métier d’une vie. Il faut avoir acquis une certaine maturité avant de se lancer dans les pompes funèbres. En effet, à partir d’un certain âge, la mort devient plus facilement acceptable. D’après lui, ce n’est pas un travail pour les jeunes. « Un jeune qui devient employé funéraire, c’est quelqu’un qui agit comme un robot, qui n’a pas d’émotions. »

Lui-même a plusieurs emplois à son actif. Pendant trente ans, il a travaillé comme contrôleur de qualité de cuivre dans une grande usine liégeoise. Lors de la faillite de celle-ci, il a dû penser à sa reconversion. Il a profité de cette occasion pour se lancer. Des dizaines d’appels et de rencontres plus tard, une entreprise de pompes funèbres lui a ouvert ses portes.

Portrait réalisé par Marie Lardinois

 

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