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Caméras
25
Nov
2015

Depuis les attentats de Paris, Bruxelles est montrée du doigt. Tour d’horizon des critiques formulées par les médias étrangers.

Depuis les attentats de Paris, Bruxelles est montrée du doigt. Tour d’horizon des critiques formulées par les médias étrangers.

25 Nov
2015

ÉDITORIAL. La Belgique chahutée par les médias internationaux

Depuis les attentats de Paris, certains médias n’hésitent pas à considérer Bruxelles comme un fief pour les terroristes. S’il semble avéré que les services de sécurité belge ont failli dans leur mission de communication de renseignements sensibles, la Belgique n’est pas la seule à pouvoir être blâmée. À l’analyse, il est en tout cas permis de s’interroger sur la coopération non efficiente entre les services de renseignements des différents pays européens. Et pourtant, notre pays est épinglé.

Il y a deux jours, dans son éditorial, le journal « Le Monde » qualifiait la Belgique de nation sans état. Selon le journal, les services de sécurité belges ont échoué dans la lutte contre le terrorisme et le pays doit absolument renforcer ses services de sécurité. Il assimile la Belgique « à une base logistique du terrorisme international […] Celle-ci est également devenue un centre d’endoctrinement et de recrutement ». Le journal va même plus loin : « des groupes y ont profité de la trop grande tolérance d’autorités municipales (NDLR : communales), régionales ou fédérales surtout soucieuses de ne pas troubler la paix civile ».

En cause, l’apartheid linguistique

Molenbeek-Saint-Jean est particulièrement ciblée par les critiques. Selon certains médias internationaux, plus de 150 djihadistes seraient partis de cette commune pour aller combattre en Syrie. Ces derniers jours, le New York Times titrait lui aussi « Molenbeek, centre djihadiste en Belgique ». Le journal a décrit Molenbeek comme une maison pour les complots terroristes en se référant à des attaques qui ont toutes des connexions avec  Molenbeek : les attaques de train à Madrid en 2004, l’attaque du Musée Juif de Bruxelles en 2014 et, dans le courant de cette année, les attaques à Paris en janvier 2015 et celles de ce 13 novembre 2015. Pour le journal new-yorkais, tout s’explique par la division profonde qui existe au sein de la société belge. « Le pays souffrirait d’une forme d’apartheid linguistique qui divise les néerlandophones et les francophones, qui écoutent leurs médias et leurs politiciens respectifs…  ce qui donne l’impression que le pays Belgique n’existe pas ». En outre, la fragmentation des autorités politiques – comme c’est le cas à Bruxelles avec ses 19 communes – entraînerait un manque de communication et de coordination entre les dirigeants et les forces de l’ordre.

Un état défaillant

Tim King sur politico.eu va encore plus loin et ses mots sont durs à l’égard de notre pays : « Belgium is a failed state ». Il définit la Belgique comme un État qui n’a plus du tout le contrôle sur son territoire, un État sans légitimité et incapable de maintenir des services publics de qualités. Tim King revient sur l’affaire Dutroux pour illustrer l’incapacité de l’état à gérer ses services publics et plus particulièrement ses forces de police. Notons qu’il n’est pas le seul à revenir sur cette terrible affaire qui a marqué la Belgique à tout jamais. Le journal Le Monde en fait mention également : « il faut aider la Belgique à se protéger et c’est ce que font les services français, mais le pays doit se ressaisir. Il aura fallu qu’il connaisse la terrible affaire Dutroux, dans les années 1990, pour qu’il réforme enfin sa police et sa justice. »

La Belgique, mauvais élève ?

Il nous semble  qu’il convient de se garder de toutes conclusions hâtives quant à la pertinence des accusations portées par certains médias. Les services de sécurité belges ont déjoué plus d’un attentat et ont permis une protection de la population belge. Dans le cadre des attentats à Paris, ce sont des renseignements belges et marocains qui ont permis de trouver la planque d’Abaaoud à Saint Denis. Certes, concernant les attentats commis à Paris le 13 novembre, les terroristes et leur commanditaire ont atteint leurs objectifs : semer la terreur et instaurer un climat de peur et d’angoisse tant en France qu’en Belgique.

L’heure n’est pas à la recherche d’un hypothétique responsable étatique, mais bien à la solidarité dans la lutte contre Daech. En s’engageant sur la voie du bouc émissaire, les médias jouent le jeu de Daech : diviser et susciter l’ostracisme à l’égard de la communauté musulmane. Seules l’union et l’introspection permettront d’empêcher à l’avenir la réitération de tels événements tragiques.

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