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Compilation d d'annonces de kots réservés aux filles.
20
Fév
2018

Les filles sont vues par certains propriétaires de kots comme de meilleures locataires... N'est-il pas temps de déconstruire les clichés ?

Les filles sont vues par certains propriétaires de kots comme de meilleures locataires... N'est-il pas temps de déconstruire les clichés ?

20 Fév
2018

En quoi les filles feraient-elles de meilleures locataires ?

Les hommes viennent de Mars ; les femmes de Vénus, comme le veut l’adage. La gent masculine tiendrait du dieu antique de la Guerre son impulsivité et son indolence, là où ces dames seraient à rapprocher de la déesse de la Beauté grâce à son discernement et son zèle. C’est à tout le moins ce que doivent penser certains bailleurs de kots qui en réservent l’accès aux filles exclusivement.

« Pourquoi prendre le risque de faire signer un garçon quand j’ai la possibilité de faire signer une fille. Je suis tout de même libre de faire ce que bon me semble avec mon bien ! » avance tout de go un proprio. Ce genre de raisonnement n’est pas rare, et, pour de nombreux propriétaires, la loi n’est d’ailleurs pas un obstacle. Après tout, le risque encouru de se voir dénoncé reste minime dans la mesure où, en 2015, un procès visant une discrimination du genre a condamné le propriétaire mis en cause à payer à l’étudiant lésé… un euro symbolique.

Un euro symbolique… ou la case prison

Dans ces cas de figure où l’on porte préjudice à l’étudiant uniquement sur base de son sexe, il faut bien en souligner le caractère discriminatoire. Exception faite des collocations d’ordre religieux, ainsi que des situations où les locataires sont au préalable amis, la loi Genre de 2007 stipule que toute personne portant atteinte à l’égalité entre hommes et femmes est passible d’une condamnation pouvant conduire à la case prison – bien que dans les faits, on en arrive rarement à de tels extrêmes.

Ces propriétaires vont donc au-devant de bien des problèmes si leur infraction est attestée. Mais le jeu en vaut-il la chandelle ? Est-ce que les filles sont à ce point des modèles de vertu ? « Une fille posera bien moins de soucis qu’un garçon, ne serait-ce qu’en raison de sa nature respectueuse et appliquée » répond un bailleur. Vraiment ?

« On était cinq dans un même immeuble, que des filles », témoigne une licenciée en droit, « J’étais en dernière année et j’avais donc déjà eu mon lot de surprises et d’expériences honteuses liées à la vie dans un kot. Mais sans doute a-t-on encore franchi un degré supérieur dans la souillure cette année-là ». On taira ici les exploits de cette jeune femme. Mais en clair, ceux qui imaginent les filles comme des vestales s’attachant à entretenir la flamme sacrée, symbole de leur pureté, se trompent d’époque…

Une étudiante en psychologie confie : « Au sortir d’une soirée, je revenais à mon kot dans un état assez déplorable, et j’ai vomi… à en inonder les toilettes. Le lendemain le proprio venait, furieux, et a directement menacé mon co-koteur de mettre fin à son bail… Heureusement mon propriétaire en est resté au stade des menaces. Je n’ai jamais révélé aux autres colocataires que c’était moi qui était derrière tout ça ».

Déconstruire les stéréotypes

C’est également ce que note un membre du syndicat des locataires : « Les garçons pâtiront toujours de l’image négative qu’en ont les propriétaires. Si l’un d’entre eux vient à commettre une bourde, on l’expliquera par sa nature d’incorrigible garnement. Pour une fille, c’est l’inverse. On lui trouvera des excuses, on mettra sa bévue sur le compte de l’inadvertance. » Une dichotomie s’est donc opérée dans l’imaginaire collectif, entre un archétype d’impénitence foncièrement masculin, et un idéal de candeur intrinsèquement féminin.

Ce genre de stéréotype ne débouche sur rien de bon. Cela ne fait qu’élargir le sillon séparant hommes et femmes, creusé par les intégristes, misandres et misogynes en tous genres. Les bailleurs de kots devraient être davantage en phase avec la société moderne et faire preuve de davantage de bon sens plutôt que de banaliser des comportements discriminatoires. Les filles ne sont pas moins bordéliques et indisciplinées que les garçons, et ce n’est pas plus mal ! Qui sait, Elon Musk va peut-être découvrir que nous venons en fait tous de Mars.

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