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27
Mar
2017

La pédagogie Montessori effraie par son côté élitiste. Pourtant, elle n'est pas réservée à une certaine catégorie de personnes.

Au sein de la structure d'accueil Ecoline, à Heusy, dans la région de Verviers, le mobilier a été adapté pour mettre en pratique la méthode Montessori.

La pédagogie Montessori effraie par son côté élitiste. Pourtant, elle n'est pas réservée à une certaine catégorie de personnes.

27 Mar
2017

Pédagogie Montessori : une éducation pas seulement réservée aux riches

Aujourd’hui en Belgique francophone, et plus particulièrement à Bruxelles, des écoles qui appliquent la fameuse pédagogie Montessori se mettent en place. Une méthode d’enseignement qui a bonne réputation, voire trop pour certaines directrices d’établissements. Un des arguments des promoteurs « montessoriens » est sans doute de préciser que les princes William et Harry d’Angleterre ou encore les fondateurs de Google et Amazon sont passés par cette pédagogie. Un argument de poids, certes, mais qui a également un effet boomerang pas forcément positif.

En effet, la plupart des gens pensent que ce type de pédagogie concerne avant tout les enfants de 1 à 12 ans et n’est destiné qu’à une certaine élite. Il faut préciser que cette pédagogie n’est pas encore reconnue par la Fédération Wallonie-Bruxelles, ce qui empêche, ou en tout cas, complique l’obtention de subsides et a donc un impact sur les prix. Cette idée reçue effraie la classe moyenne, qui ne prend même plus la peine de se renseigner sur cette pédagogie, croyant ne pas pouvoir en profiter.

Montessori, les origines

Maria Montessori, médecin et enseignante du début du XXe siècle, est à l’origine de la méthode qui porte son nom. La base de son travail : créer une façon de faciliter l’éducation des personnes handicapées, mais également des autres enfants en difficulté, y compris ceux de familles démunies. Ce n’est que par la suite que certaines familles plus riches, notamment aux USA et en Grande Bretagne, vont s’intéresser à cette fameuse méthode. En Italie, à une certaine époque, Mussolini s’y était intéressé et avait instruit des projets d’application pour toute la jeunesse italienne. Mais Maria Montessori s’est opposée à cette utilisation, et fût exilée en Inde.

Depuis cette époque, de plus en plus de familles aisées ont fait appel aux services des écoles montessoriennes. C’est à ce moment-là que la réputation de la pédagogie s’est formée pour devenir ce qu’elle est aujourd’hui : une éducation qui serait réservée aux enfants de l’élite.

Montessori, c’est une pédagogie extrascolaire qui est basée sur l’auto-éducation, l’auto-correction et l’apprentissage individuel, tout en sociabilisant l’enfant avec les autres présents. L’enfant choisit lui-même ses activités et apprend à ranger ce qu’il utilise, mange et manipule de la vraie vaisselle, etc. Toute l’infrastructure est réduite à l’échelle de l’enfant pour que tout lui soit accessible, afin de lui faciliter l’utilisation des jouets, des livres, des lits pour la sieste, le but étant qu’il soit autonome. La plupart du temps, les différents accompagnateurs d’un même établissement s’expriment chacun dans une langue différente.

Projet Ecoline, un retour aux fondamentaux

Certains projets tentent de contrer cette idée reçue en essayant de proposer la pédagogie Montessori au plus grand nombre. C’est notamment le cas du projet « Ecoline », une structure d’accueil située à Heusy, dans la région de Verviers. L’établissement accueille un maximum de huit jeunes enfants de 18 mois à 3 ans, et propose aux petits bouts une autonomie qui leur permet de prendre confiance en eux. L’enfant est par exemple invité à repérer lui-même ses erreurs. De plus, les accompagnateurs s’adressent aux élèves dans différentes langues : l’un en français, l’autre en anglais.

Le projet milite aussi pour inviter un maximum de parents à se renseigner sur la pédagogie Montessori. L’objectif étant de convaincre qu’elle est adaptée à tout le monde, et pas exclusivement aux plus aisés. Les prix justifient d’ailleurs cette démarche : là où l’on retrouve des prix à Bruxelles pouvant aller jusqu’à 7.500 € pour cinq matinées, « Ecoline » propose 65 € maximum pour cinq matinées. La différence ne se discute pas.

C’est une première pour la région verviétoise qui propose un retour aux fondamentaux, comme l’avait pensé Maria Montessori, à savoir l’accessibilité de sa méthode pour tous. L’objectif à l’avenir est que la pédagogie Montessori soit reconnue par la Fédération Wallonie-Bruxelles.

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One Response to “Pédagogie Montessori : une éducation pas seulement réservée aux riches”

  1. ahazaza@hotmail.com' raina Luff dit :

    Félicitations!

    Pourrais-je savoir où sont formés vos enseignants et où peut -on en trouver?
    Ahazaza ONG cherche des volontaires pour son école maternelle qui vient d’introduire la méthode Montessori.
    Merci.

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