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Guirlande de peluches dans le camp de réfugiés de Grande-Synthe.
19
Oct
2017

Mon travail photographique réalisé dans le camp de Grande-Synthe, sera exposé dans le cadre d'un café citoyen à l'Espace Senghor, le 27 octobre.

Guirlande de peluches dans le camp de réfugiés de Grande Synthe. Photo : Florian De Schutter.

Mon travail photographique réalisé dans le camp de Grande-Synthe, sera exposé dans le cadre d'un café citoyen à l'Espace Senghor, le 27 octobre.

19 Oct
2017

Exposition photo : sur les traces des enfants réfugiés

Les pieds enfoncés dans 10 cm de boue, ils observent leurs espoirs s’effondrer, impuissants. Les ordures s’amoncellent depuis des mois et l’endroit commence tout doucement à ressembler à une décharge. Une décharge parsemée de tentes dans lesquelles ils passent l’hiver, froid et pluvieux. Les rats ont commencé à coloniser l’endroit et les sourires ont depuis longtemps abandonné les visages des migrants.

C’est dans le terrain marécageux du camp de Grande-Synthe, aujourd’hui démantelé, que j’ai découvert le sort des enfants réfugiés, et que j’ai décidé de leur consacrer un reportage photographique. La présence de l’enfance, candide et innocente, dans cet endroit macabre semblait surréaliste. Quel désarroi devaient-ils ressentir face au monde qu’ils sont en train de découvrir ? Les normes humanitaires internationales étaient loin d’être respectées dans le camp. Plutôt qu’une crise migratoire, il y avait là une crise humanitaire tachant de honte nos pays qui prônent les Droits de l’homme aux quatre coins du monde.

Le nombre exact d’occupants de ce camp est toujours resté inconnu car les réfugiés arrivaient et s’en allaient sans prévenir. Les femmes et les enfants restaient généralement dissimulés dans leurs abris de fortune. Toutefois, les estimations qui ont pu être réalisées ont fait état de plusieurs centaines d’enfants qui y vivaient.

Souvent, les enfants se brûlaient les pieds et les mains dans les feux à moitié éteints que les réfugiés allumaient pour lutter contre le froid mordant de l’hiver. Ces brûlures s’infectaient facilement à cause des mauvaises conditions d’hygiène.

Les enfants de l’inhospitalité

Affiche du Café citoyen

Affiche du Café citoyen

Mon travail photographique réalisé dans le camp de Grande-Synthe, près de Dunkerque, sera exposé à l’Espace Senghor à partir du 27 octobre, dans le cadre d’un Café citoyen sur le thème de la justice migratoire et la solidarité envers les réfugiés. Cette soirée est organisée dans le cadre du mois de la solidarité à Etterbeek et elle réunira des citoyens, des artistes, des ONG et des associations afin de créer la discussion autour de cette problématique.

Plus d’infos : Événement facebook du Vernissage.

“Toutes les mères du monde seraient touchées par ces photos” (C. Njomgang Fonkeu, échevine de la culture à Etterbeek)

Lorsque Colette Njomgang Fonkeu, échevine de la culture à Etterbeek, a découvert “les enfants de l’inhospitalité” lors du concours ShowMeYourope organisé par l’IHECS Academy, elle m’a dit : “Toutes les mères du monde seraient touchées par ces photos“. C’est grâce à son soutien que mon travail sera exposé à l’Espace Senghor.

Avant l’ouverture de l’exposition, je vous invite à découvrir quelques clichés, témoins de la vie quotidienne dans le camp de Grande-Synthe. Cette série photographique, intitulée “Les enfants de l’inhospitalité” dévoile par le symbole l’enfance dans ce lieu de désespoir. C’est avant tout une vision humaniste et imprégnée de compassion que j’ai tenté de transmettre dans cette série.

  • Peluche dans le camp de réfugiés de Grande-Synthe. Photographie : Florian De Schutter.
    Peluche dans le camp de réfugiés de Grande-Synthe. Photo : Florian De Schutter.
  • Container dans le camp de réfugiés de Grande-Synthe. Photo : Florian De Schutter
    Container dans le camp de réfugiés de Grande-Synthe. Photo : Florian De Schutter
  • Guirlande de peluches dans le camp de réfugiés de Grande-Synthe.
    Guirlande de peluches dans le camp de réfugiés de Grande-Synthe. Photo : Florian De Schutter
  • Ecole construite et maintenue par des volontaires dans le camp de réfugiés de Grande-Synthe.
    Ecole construite et maintenue par des volontaires dans le camp de réfugiés de Grande-Synthe. Photo : Florian De Schutter.

 

Les migrations d’enfants multipliées par cinq

« Le nombre d’enfants réfugiés et migrants voyageant seul s’est multiplié par cinq depuis 2010. » C’est le résultat d’un rapport publié cette année par l’UNICEF. L’Organisation des Nations Unies nous dévoile aussi que « dans le monde entier, près de 50 millions d’enfants ont été déracinés. » Soit environ cinq fois la population de la Belgique. De quoi remplir quelques crèches…

Infographie sur les enfants réfugiés. Réalisation : Florian De Schutter

Infographie sur les enfants réfugiés. Réalisation : Florian De Schutter

Le HCR, l’OIM et l’UNICEF, qui ont publiés ces données, ont aussi mis en avant les menaces qui pèsent sur eux : le travail forcé, le mariage précoce, le risque d’exploitation sexuelle, de traite des êtres humains.

Pour Eugenio Ambrosi, directeur régional de l’OIM pour l’UE « les leaders européens doivent mettre en place des solutions durables, qui impliquent des routes migratoires sûres et légales, des corridors de protection et des alternatives à la détention d’enfants réfugiés ».

 

Florian De Schutter

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