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Deux étudiantes montrent des inscriptions sur leurs mains : "5ans pour rien!".
13
Mar
2015

Instaurer un concours en fin de première comme solution à la crise INAMI : une décision qui ne fait pas l’unanimité.

Le message de ces étudiantes est clair : "5 ans pour rien!"

Instaurer un concours en fin de première comme solution à la crise INAMI : une décision qui ne fait pas l’unanimité.

13 Mar
2015

Un concours en fin de BAC1 pour nos futurs médecins

So-so-so. Solidarité. Pour-pour-pour. Pour pouvoir pratiquer. Auteur : Guillaume Woelfle.

C’était le 30 octobre dernier, les étudiants en médecine et dentisterie manifestaient contre le manque de numéros INAMI ; le fameux sésame pour pouvoir pratiquer la médecine en Belgique. Certains étudiants, après avoir passé 7 années sur les bancs de la fac, n’étaient donc pas sûrs de pouvoir travailler. Leurs revendications étaient, à l’époque, un numéro INAMI pour tous et l’établissement d’un cadastre, un état des lieux sur le nombre de médecins.

Fin janvier, le ministre de l’Enseignement supérieur de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Jean-Claude Marcourt, annonçait avoir trouvé une solution : il y aura, à partir de l’année académique 2015-2016, un concours à la fin de la première année. Le numerus clausus ne se ferait donc plus après la 7e année mais bien après la 1ère bachelier.

L’examen d’entrée comme autre solution

Diverses associations professionnelles et représentantes de médecins généralistes ont publié le jeudi 12 mars un communiqué dénonçant cette décision.

Selon Luc Lefebvre, président de la Société Scientifique de Médecine Générale (SSMG) : « Une année coûte cher. Il faut payer le minerval et en plus un logement, car les étudiants partent loin de chez eux. Cela coûte cher pour les parents et pour la communauté. Des jeunes vont continuer à doubler. Tout le monde va passer une année exécrable. Les conditions sont déjà horribles : il y a 2 auditoires pour une même promotion dont un en visio-conférence, des jeunes qui doivent s’asseoir à terre par manque de place ».

Une sélection avant la première année accompagnée, pour les étudiants qui le désirent, d’une année préparatoire est donc la meilleure des solutions. Le groupe d’associations prône également la création d’une année « spéciale sciences de la santé » comme c’est déjà le cas pour les mathématiques : « Les jeunes pourraient se former près de chez eux, travailler en petits groupes, collaborer. Ce sont là les valeurs de notre profession » explique Luc Lefebvre. Selon lui, la sélection préventive ne peut qu’améliorer l’enseignement et la formation des futurs médecins.

Il se justifie : « La Flandre nous oblige à limiter le nombre d’étudiants, donc autant le faire de la meilleure façon possible, autant que cela fasse le moins de mal possible ».

Les étudiants mitigés

Du côté des étudiants, les avis sont partagés. Le Comité inter-universitaire des étudiants en médecine (CIUM) est satisfait de la mesure prise par le ministre Jean-Claude Marcourt.

Antoine d’Ambros, membre du comité et étudiant à l’UCL, explique : « Le concours d’entrée n’est pas la bonne solution. Les études secondaires sont tellement inégalitaires que les étudiants n’arrivent pas avec le même bagage à l’examen. On ne peut pas sélectionner quelqu’un qui n’est pas encore à l’université ». Ce sur quoi l’Assemblée générale des étudiants de Louvain (AGL) est d’accord : « la réussite de l’examen dépendra de la qualité des écoles secondaires et donc de l’origine sociale des étudiants ».

Le CIUM, qui regroupe les facultés de médecine de l’UMons, l’UNamur, l’ULB, l’UCL et l’ULg, admet tout de même qu’aucun système de sélection n’est bon.

L’AGL remet, quant à elle, en cause la décision du Ministre. Merlin Gevers, son co-président, déclare : « Les décisions politiques sont prises à court terme. Nous voulons une vision à moyen, voire à long terme. Le système actuel du numerus clausus date de 1997. Il a causé une pénurie de médecins, il faut le remettre en cause ».

L’AGL propose de supprimer tout à fait le système de quotas. A la fin des spécialisations, il faudrait pouvoir placer les médecins là où on en a besoin : « Pour l’instant, c’est le gouvernement fédéral qui s’occupe de délivrer les numéros INAMI. Il faudrait voir cela avec les groupes locaux de médecins et de patients ».

Pour Luc Lefebvre, il n’y a pas de pénurie : « On a un médecin pour 1000 habitants en Belgique alors qu’aux Pays-Bas, c’est un pour 2000. Il n’y a pas de pénurie si on répartit les postes correctement : la plupart des médecins font un travail alimentaire. Ce n’est pas à un gynécologue de prescrire la pilule, par exemple ». Pour lui, le problème de la pénurie est d’ailleurs plus profond ; il estime que les médecins ne veulent pas travailler en campagne.

Les protagonistes du débat ne semblent pas s’accorder sur les mesures à prendre. Le problème semble donc bien plus complexe qu’il n’y paraît. Mais étant donné le contexte politique actuel, une absence totale de sélection ne semble pas à l’ordre du jour.

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One Response to “Un concours en fin de BAC1 pour nos futurs médecins”

  1. Je suis ravie de découvrir ton blog et tes posts très intéressant. Bonne continuation

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