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Salim Flagey
05
Mai
2016

Le BBB est parti à la rencontre d'étudiants venus tout droit du Maroc

Salim sur la place Flagey où il réside

Le BBB est parti à la rencontre d'étudiants venus tout droit du Maroc

05 Mai
2016

Quand les Marocains viennent étudier à Bruxelles

À l’heure où les sujets d’intégration des étrangers en Belgique sont d’actualité, le BBB, accompagné d’étudiants de Rabat, s’est penché sur le cas des étudiants marocains venus poursuivre leurs études à Bruxelles.

9 % des migrants marocains viennent en Belgique pour étudier. Tel est le cas de Salim, un jeune originaire de Rabat, qui vit à Bruxelles depuis 2012. Titulaire d’un baccalauréat scientifique (l’équivalent de « sciences fortes » en secondaire), il a choisi de se spécialiser en informatique. C’est pour cela qu’il a rejoint Supinfo, haute école d’informatique implantée en Belgique et dans d’autres pays.

L’intégration n’a pas été un problème pour lui : « c’était normal pour moi, vu que j’ai eu mon bac d’un lycée français à Rabat, je n’avais pas besoin d’adapter un nouveau style de vie, ma propre culture ne contredisait pas mon intégration dans cet environnement qui n’est pas tout à fait nouveau pour moi ».

Salim Appart diplome

Salim, chez lui à Bruxelles

Même si Salim est loin de son pays d’origine, il reste connecté avec le Maroc « Je suis présent sur le réseau social Facebook, je consulte aussi les sites d’information et je parle quotidiennement avec mes parents qui me transmettent toujours tout ce qui se passe au Maroc ». Ces facilités sont des facteurs qui permettent aux Marocains, qui ont quitté leurs pays, de conserver des liens culturels et identitaires très forts avec leur pays d’origine.

Quant à Fatima, une jeune de 19 ans, il était difficile pour elle de s’installer en Belgique : « J’ai obtenu mon baccalauréat l’année dernière, mes parents m’ont poussée à venir ici pour continuer mes études à l’Université Libre de Bruxelles, alors que je voulais rester au Maroc ». Cet élément la démotive pour prendre les choses en main et s’adapter à la façon belge de vivre. «  Je pense que quelques Belges ont peur de [nous] les Arabes, à cause des attentats perpétrés ces derniers temps, ils ont surtout peur des femmes qui portent le voile ou un autre signe religieux qui montre leur appartenance à l’Islam. Par exemple, hier, j’étais en train de faire mes course, une femme essayait de m’éviter. Elle disait à sa copine que la présence d’Arabes en Belgique ne ferait qu’empirer l’état du pays ». Elle tient à préciser que ce point de vue n’est pas partagé par tous les Belges, mais que c’est une des causes qui freine son intégration en Belgique.

Des ressentis différents

Leila chez elle

Leila est Belgo-Marocaine et se sent parfaitement intégrée

Mais les étudiants venant du Maroc ne sont pas les seuls à éprouver des difficultés quand ils arrivent en Belgique. Comme le montre un rapport élaboré par l’UCL et le centre fédéral migration, publié à l’occasion du cinquantième anniversaire de l’immigration marocaine, certains Belgo-Marocains peuvent avoir des difficultés d’intégration : « Le fait d’être né sur le sol belge a plutôt un impact négatif en termes d’inclusion et de participation à la société belge. Ainsi, par rapport aux Belgo-Marocains non nés sur le sol belge, les Belgo-Marocains nés en Belgique ont moins de chances d’être actifs sur le marché de l’emploi, se montrent moins en accord avec les valeurs démocratiques, font preuve de moins d’intérêt pour la vie politique belge, possèdent un groupe d’amis globalement moins hétérogène, ressentent davantage la discrimination et ont plus l’impression d’être différents des Belgo-Belges ! ».

De son côté, Leila, fonctionnaire dans une agence de communication,âgée de 25 ans, nous explique que son père s’est installé au Maroc en 1981. Elle est née sur le sol belge. Pour elle, cela a eu un impact positif en termes d’intégration sociale, car elle ne s’est jamais sentie écartée de la société belge. Une différence frappante avec le rapport de l’UCL.

Mais la difficulté d’intégration ne viendrait-elle pas des motivations personnelles de chacun ? Vivre harmonieusement avec les caractéristiques de sa propre culture n’empêche pas son intégration dans un nouvel environnement. Vivre avec ses acquis tout en restant intégré n’est pas incompatible et le cas de Salim le prouve bien.

 

 

Hajar Kharroubi et Alexandre de Geradon

Bienvenue chez les Maroxellois

Neuf étudiants marocains de l’ISIC (l’Institut supérieur de l’information et de la communication) et deux de leurs professeurs ont investi la rédaction du Bruxelles Bondy Blog. Notre thème de la semaine sera “Bienvenue chez les Maroxellois”, une façon de qualifier notre échange inter-culturel, mais aussi un clin d’œil à une expression qu’utilisent certains Bruxellois d’origine marocaine en référence à leurs identités plurielles.

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One Response to “Quand les Marocains viennent étudier à Bruxelles”

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