Maison de quartier des Marolles
07
Nov
2014

Les infractions au règlement général de police ne sont pas seulement monnayables, une médiation réparatrice est aussi envisageable.

Le Foyer des jeunes des Marolles vu de l'intérieur. Photo : Céline Emmerechts.

Les infractions au règlement général de police ne sont pas seulement monnayables, une médiation réparatrice est aussi envisageable.

07 Nov
2014

La médiation réparatrice, une réelle alternative à la contravention

Déposer des détritus à côté d’une poubelle, cracher sur la voie publique, laisser des excréments canins sur le trottoir, dégrader un bâtiment, menacer ou injurier quelqu’un, commettre un vol simple,… Toutes ces incivilités constituent des infractions au règlement général de police et sont punissables par le biais de sanctions administratives communales. Des amendes, en d’autres termes. Mais pas seulement. Il existe une alternative, la médiation réparatrice, afin de payer sa dette à la société.

Le mardi 7 octobre, en rentrant chez moi dans l’après-midi, je trouve un avis de la Poste dans ma boite aux lettres, me prévenant qu’une lettre recommandée m’attend au bureau postal à deux pas de chez moi. Ne pouvant m’y rendre le jour même, ce n’est que le lendemain matin que je découvre le contenu de cette mystérieuse lettre. Il s’agit de la verbalisation pour une infraction commise quelques mois auparavant. 250 euros d’amende, voilà le prix à payer! L’envie me prend de jeter l’enveloppe et de faire comme si je n’avais jamais rien reçu. Je parcours tout de même le dossier et je réalise que j’ai la possibilité de contacter une asbl afin de trouver une alternative à la contravention. Le désappointement laisse place à l’espoir. J’attrape mon téléphone afin de prendre contact avec Grégory Herbert, médiateur. Il m’explique qu’il est possible de mettre en place une médiation réparatrice pour remplacer l’amende, et nous convenons d’un rendez-vous. Une semaine plus tard, c’est dans les bureaux de l’asbl BRAVVO (Bruxelles Avance – Brussel Vooruit) que je rencontre Grégory. Accompagné d’une représentante de la ville de Bruxelles, nous discutons afin de décider de la meilleure manière pour dédommager la ville de mon infraction. Pour moi, ce sera 4h30 d’aide à l’école de devoirs au Foyer des jeunes des Marolles.

La médiation réparatrice en action

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Graffiti d’un jeune du Foyer. Photo : Céline Emmerechts

Mardi 4 novembre, alors qu’à la rédaction du Bruxelles Bondy Blog les journalistes s’activent, je me vois dans l’obligation de partir. Mes heures de médiation réparatrice m’attendent. C’est rue de la Prévoyance n°46 que je dois me rendre, au Foyer des jeunes des Marolles. Bilal Chuitar, coordinateur, m’y a donné rendez-vous à 15h30. J’y resterai jusqu’à 19h00 afin d’apporter mon aide aux jeunes qui viennent quotidiennement faire leurs devoirs ici. De 15h30 à 17h00, le foyer est ouvert aux plus petits, c’est-à-dire aux enfants de primaire. Ensuite, de 17h00 à 19h00, place aux plus grands. Après avoir discuté avec les membres de l’asbl à propos de leurs rôles dans l’organisation, des projets mis en place et des activités qu’ils organisent pour les jeunes, je pars à la rencontre des enfants.
L’aide aux devoirs étant déjà prise en main par une animatrice au Foyer, accompagnée d’une autre étudiante en médiation réparatrice, je me transforme en animatrice pour une heure et demie. Au programme : danse, rigolade et conversation animées. 17h00, cinq adolescents viennent remplacer les vingt-cinq enfants.

19h40, je quitte le Foyer en me disant déjà que je reviendrai donner un coup de main. Grâce à la médiation réparatrice, j’ai rencontré des personnes intéressantes et j’ai pris conscience de l’existence de structures et de projets mis en place qui m’étaient inconnus jusqu’alors. La médiation réparatrice, trop peu connue, est donc une manière intelligente et utile de payer pour un délit commis.

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